Cinéma | Ceausescu sous l'œil de la fable
LES CONTES DE L'AGE D'OR. 
« La fable est comme une énigme qui serait toujours accompagnée de sa solution », disait Hegel. Dans Les contes de l'âge d'or, on la cherche toujours. Ce film roumain, livre d'images pas si jaunies sur la roumanie communiste de Ceausescu, pêche surtout par son absence de symboles - un comble dans une fable - mais également par ses choix esthétiques et scénaristiques frileux. Le long-métrage, qui regroupe quatre mini-histoires signées par la jeune garde du cinéma roumain, est porté à bout de bras par le réalisateur Christian Mingiu. Alors, de quoi ça parle ? Des fables d’un âge disparu, celui de l'apogée du communisme en Roumanie. Ici l’histoire d’un photographe qui retouche les clichés pour le régime, là l’effervescence d’un petit village qui s’apprête, en catastrophe, à recevoir la visite du président. Les légendes urbaines que se racontaient les Roumains dans les files de rationnement forment ici les historiettes d'un bonheur d'apparat.
Il en résulte une vision certes originale et subjective de la fin du communisme dans ce pays, mais on se demande toujours quel est le point commun entre les histoires et/ou les thématiques développées dans les quatre courts-métrages. Pire : la confrontation des histoires avec la réalité de l'époque n'a jamais lieu. Ce qui se comprend aisément au départ comme un choix scénaristique, celui d'un bonheur simulé qui s'évaporerait en un instant, tourne ici à la frustration. Décevant.
SORTIE FRANCE : 30 DECEMBRE.