"Wall E", un film d'animation d'Andrew Stanton (2008)
Archéologue mélancolique…et mécanique
On peut respirer, Pixar n’est toujours pas ILM (la société de Georges Lucas). On n’y perd pas la tête à chaque sophistication nouvelle des effets spéciaux… Le dernier fer de lance de Disney est pourtant fait d’un métal fort brillant. Mon voisin Totoro de Miyazaki arborait une poésie sans voix et rurale, et l’attendrissant Wall-E s’en veut le pendant post-apocalyptique. Ainsi, la première partie quasi-muette du nouveau Pixar, qui s’étire en longueur, pose un problème vertigineux : les archéologues exhibant les vestiges de notre civilisation seront-ils des machines ?
Résonnent en tout cas, dans l’immensité de l’espace, les cris émus de Wall-E, dernier robot de nettoyage de la Terre en état de marche, dont la tâche de dépollution a tout du mythe de Sisyphe. Il y gagne néanmoins une âme en tombant amoureux d’une sonde robotisée prénommée Eve. La mission de cette dernière ? Ramener une plante verte – preuve d’un retour possible sur Terre – aux humains exilés dans un immense vaisseau spatial depuis des générations. Sans lever le voile sur la suite de l’intrigue, ou sur l’étonnante évolution des humains en apesanteur, le départ du petit robot débrouillard dans l’espace – à la recherche de sa belle – bouleverse complètement le rythme du film, ajoute une histoire à cette complainte qui s’essoufflait. 2001, Odyssée de l’Espace ; E.T. ; 1984, autant de fables invitant à la réflexion sur l’homme moderne qui se reflètent dans ce Wall-E, écologiste et anti-consumériste pour certains, biblique et plein de bons sentiments pour les moins convaincus.
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