The Fountain, de Darren Aronofsky (2006)
The Fountain, ou l’autre cinéma
Poème très (trop ?) visuel, le dernier long métrage de Darren Aronofsky (Pi, Requiem for a dream) vise haut. L’histoire – qui n’en est pas une –, rêverie sur l’immortalité aux relents spiritualistes, a de quoi déconcerter.
L’Histoire. A la source de The Fountain, trois histoires. Récits du combat à travers les âges d'un homme qui veut sauver la femme qu'il aime.
En Espagne, au 16ème siècle, le conquistador Tomas part en quête de la légendaire Fontaine de jouvence (ancienne légende maya), censée offrir l'immortalité.
En Espagne, au 16ème siècle, le conquistador Tomas part en quête de la légendaire Fontaine de jouvence (ancienne légende maya), censée offrir l'immortalité. De nos jours, un scientifique nommé Tommy Creo cherche désespérément le traitement capable de guérir le cancer qui ronge son épouse, Izzi.
Au 26ème siècle, Tom, un astronaute, voyage à travers l'espace et prend peu à peu conscience des mystères qui le hantent depuis un millénaire.
Les trois histoires convergent vers une seule et même vérité, quand les Thomas des trois époques – le guerrier, le scientifique et l'explorateur – parviennent enfin, sereins, à s’incarner dans « l’être immortel ».
Mégalo. Arriviste. Prétentieux. Surfait. C’est ce qu’on a pu lire dans la presse à propos de The Fountain. A croire que les grandes histoires universalistes et symboliques sont un parfait casse-gueule pour cinéastes ambitieux. Au bon souvenir du brillant thriller mathématique Pi et du génialement glauque Requiem for a dream, je ne me décourage pas. Le terme d’ovni – souvent utilisé pour les films particuliers – prend ici tout son sens. Alors que la jolie partition musicale nous maintient dans la léthargie adéquate, on est souvent livré à soi-même devant The Fountain, attendant en vain un signe…
La vérité messianique tant attendue apparaît au spectateur quelques minutes après le film : drogues dures et cinéma sont décidément de faux amis. L’infâme Blueberry, l’expérience secrète de Jan Kounen n’était-il déjà pas incompréhensible pour la plupart des mortels ?
Difficile, au final, de qualifier de « film » cet étrange adage de scènes à l’esthétique écoeurante, piégé par le jeu de la surenchère. Car l’on parle ici d’une absence totale de structure narrative, propre à déconcerter extrémistes de David Lynch et fanatiques de Jim Jarmusch. Confiez un grand budget aux cinéastes indépendants, qu’ils disaient ! Reste à trouver un bon docteur pour soigner la vilaine fièvre de M. Aronofsky. Histoire de redevenir brillant pour son prochain film.
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