"Va savoir", de Jacques Rivette (2001)
Jeanne Balibar chez Rivette
Destins croisés d’amoureux sur fond d’accomplissement artistique…
L’Histoire. Camille (Jeanne Balibar), une comédienne partie vivre en Italie, revient en France avec son nouveau compagnon, Ugo (Sergio Castellitto), et une troupe de théâtre pour donner dix représentations de Comme tu me veux de Luigi Pirandello. C'est la première fois qu'elle retourne à Paris, depuis qu'elle a quitté dramatiquement Pierre, l'homme avec qui elle vivait. Camille redoute de le retrouver. Ugo a également son secret. Il est à la recherche d'un manuscrit inédit du grand Goldoni. Cette quête va l'amener à rencontrer la troublante Dominique (Hélène de Fougerolles).
Chez Rivette, avis aux non-initiés, il y a l’obsession du théâtre. Celle-là même qui hante le cinéma d’Ernst Lubitsch. L’art de la scène peut-il redéfinir l’espace, le déroulement du temps, les rapports entre les êtres humains ? Dans Va savoir, ce sont deux couples de trentenaires parisiens qui hésitent entre la chambre qu’ils occupent et celle du voisin. Autrement dit : côté cour ou côté jardin ? La métaphore théâtrale du couple jouant invariablement dans la même pièce rend Camille (l’impeccable Jeanne Balibar) doublement prisonnière de ses choix, à la scène comme à la ville. Ces chassés-croisés amoureux, des quels on ne sait plus s’ils structurent le récit ou si le récit les structure, font la part belle à la contemplation. Un piège formel, cet étirement du temps et du sens, qui ne sert pas toujours le récit du cinéaste. Les dialogues, épurés comme du Fassbinder, donnent aux rapports hommes/ femmes une fraîcheur au propos qui finalement l’emporte. Les duels d’amoureux fonctionnent encore au XXIème Siècle : nous voilà rassurés.
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