Papi fait de l'unité spéciale

Publié le par Jérôme

Schwarzenegger, Van Damme et
Stallone à Paris pour "Expendables 2"
 
P1230361
 
182 ans à eux trois...
et pourtant, les superstars vieillissantes du film d'action Arnold Schwarzenegger, Jean-Claude Van Damme et Sylvester Stallone n'ont rien perdu de leur aura. Hier, à Paris, plus de 4000 personnes les ont acclamées à l'avant-première du film "Expendables 2 : unité spéciale", dont la sortie est programmée au 22 août. Les acteurs Dolph Lundgren (Rocky 4, Universal Soldier) et Jason Statham (Snatch, Le transporteur, Braquage à l'anglaise) étaient également présents. Pour accueillir cette galerie de muscles, il ne faut rien de moins que l'un des plus grands cinémas d'Europe : le Grand Rex, construit en 1932 sur les grands boulevards parisiens. Ne manquaient à l'appel que Bruce Willis, Jet Li et Chuck Norris, autres gloires du cinéma burné à l'affiche d'Expendables 2, qui font de ce dernier le film d'action au casting le plus impressionnant de tous les temps.
 
Piles de boîtiers DVD, jaquettes de collection ou photos portrait en mains, les plus inconditionnels chasseurs d'autographes font le planton devant le Grand Rex pour aperçevoir leurs idoles des années 1980. "JCVD", qui ne doit plus avoir l'habitude de tels applaudissements, s'attarde pour signer des autographes. L'air moins cocaïné que dans nos souvenirs télévisuels. Il gratifie le public de quelques-uns de ses fameux high kick. L'un d'entre frôle la grande carcasse de Dolph Lundgren, rigolard. Sylvester Stallone, lui, vacille un peu en sortant de la voiture aux vitres teintées. Alcool, vieillesse ou tout simplement maladresse ? Bizarre, de voir Rambo faire quelque chose de travers...
 
expendables2-090812 0
 
Une fois à l'intérieur du cinéma, nos cinq pingouins en costard de luxe bredouillent quelques mots devant un public hystérique. Schwarzenegger, tout simplement la classe incarnée, remercie ses fans d'une voix rauque. "Mes fans français sont derrière moi depuis tant d'années..." Jason Statham comprend que personne n'écoute vraiment, et fait l'âne dans le micro. Sly, lui, "trouve les films d'action très techniques depuis quelques années. Avec les Expendables, nous avons voulu revenir aux bases de ce genre". 
 
Dans Expendables 2, plus encore que dans son prédécesseur, la nostalgie de l'âge d'or du cinéma d'action à superstar est presque palpable. Musique symphonique héroïque, parfois martiale, dans lesquels les explosions de grenade remplacent les cymbales. Tripotée de héros rock star, quasi invincibles - au mépris de tout réalisme - qui désintègrent une armée entière d' Asiatiques ou d'Européens de l'Est. Le tout, avec le maximum d'armes différentes et de munitions utilisées. Le méchant de l'histoire, incarné par un Jean-Claude Van Damme très second degré, s'appelle ici Vilain, ça ne s'invente pas.    
 
"Le film de potes" version bourrin
Aventures d'un groupe de mercenaires chargés de renverser un dictateur quelque part en Amérique latine, le premier épisode des "extensibles" (terme anglais que l'on peut aussi traduire par "consommable" ou "superflu") était réalisé par Sylvester Stallone lui-même, il y a deux ans. Simon West, réalisateur des Ailes de l'enfer, l'a remplacé pour Expendables 2. Une décision judicieuse qui permet aux scènes de combat (par ailleurs fort bien chorégraphiées) de gagner en virtuosité. Les références à Terminator, Piège de Cristal ou Walker Texas Ranger pleuvent, et les fans éructent de joie. Mais attention, pas de fioritures : le film dure à peine une heure trente, et réduit histoire et dialogues à la portion congrue. Bref, le décor est planté (ainsi que beaucoup de couteaux dans les carotides ennemies).
 
Expendables-2.jpg
A trop vouloir jouer les hommages, Expendables 2 est toutefois plus un pot pourri de numéros de bravoures qu'une véritable histoire. A chacun sa petite scène et puis s'en va. A ce petit jeu, Stallone et Statham sortent largement gagnants. Jet Li, lui, a une scène et disparait carrément du film. Le syndrome de film de potes à la Ocean's Eleven touche Stallone et ses petits copains, qui oublient parfois carrément leurs personnages. Un arrière-goût légèrement amer que le côté comédie du film contribue aussi à instaurer. Le plaisir reste intact, mais l'effet de surprise, lui, est passé. Un éventuel troisième épisode ne pourra pas se passer de l'écriture d'un vrai scénario. 
 

    
   
Bande-annonce en VO sous-titrée :
 
 

Publié dans Cinéma

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article