Cinéma | Diable, éteins cette caméra !

Publié le par Jérôme

Pour son deuxième épisode, Rec, la figure de proue des films d’horreur en caméra embarquée reprend pile là où son prédécesseur s’était arrêté. Entre clichés bêtifiants, rythme inégal et trouvailles mal employées, ce nouvel opus déçoit. 


Si vous n’avez pas vu Rec 1, il est préférable de ne pas lire cette note.


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« J’espère que t’as tout filmé, putain (…) il faut garder une trace de tout ça ». Dans Rec, c’est comme ça qu’on parle aux « témoins muets », les caméramans. On avait laissé Angéla, journaliste de télévision locale hystéro, en bien mauvaise posture à la fin du premier épisode. Elle était venue filmer une banale intervention de pompiers dans un immeuble de la capitale espagnole. Puis une vieille se met à hurler et à mordre des gens. Et voilà tout ce petit monde emmuré dans l'immeuble, plastifié et scellé par les forces de l’ordre, impuissantes face aux créatures démoniaques. A même le sol, avec un bout de son caméraman à moitié dévoré dans le champ, la reportrice sexy disparait au fond de l’image, traînée par les pieds. Cette image retentissante, qui clôt le premier Rec et ouvre le second, consacre l’élégante pirouette du film espagnol : faire d’un film de zombie une histoire de possession démoniaque.

 

Caméra et personnages sur les nerfs


Blair witch, Cloverfield, Paranormal Activity : la fiction est désormais le meilleur support du réel, la meilleure marque de fabrique de l’horreur. Dans le premier Rec, la caméra nerveuse de Paco Plaza et Jaume Balagueró est la fois témoin, justification et moteur d’une lente et angoissante progression vers le sanctuaire de la Bête. Les personnages, eux, sont tous plus égoïstes, nerveux et irresponsables les uns que les autres. En fond ? Une société violente, dépourvue de croyances et basée sur des rapports d’autorité pervertis.


Des clichés et des friandises

 

Les clichés du cinéma d’horreur gagnent malheureusement du terrain dans ce second épisode. On voit défiler une collection de personnages plats, braillards et similaires. Militaires en mission qui tremblent comme des jeunes filles et se séparent soigneusement pour mieux se faire buter, civils plus téméraires que le Predator, etc. La multiplication des caméras et des points de vue, mis bout à bout par les réalisateurs, donne le tournis en faisant s’enliser l’histoire. Le tout donne l’impression d’un jeu vidéo filmé, un écueil qu’avait assez brillamment évité le premier épisode. Reste quelques friandises horrifiques goût L’Exorciste, que l’on taira ici pour ne pas gâcher la seule raison d’aller voir Rec 2.

 

  • En salles depuis le 23 décembre.

 

-Découvrez ci-après les 6 premières minutes du film, en v.o. sous-titrée :

 

 

Publié dans Cinéma

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