United States Of Tara (2009), une série produite par Spielberg

Publié le par Jérôme

Une américaine moyenne découpée au schizo


Dans le microcosme de la série américaine, les déviants s'installent régulièrement en figure de proue des séries. Après les serial-killers (Dexter), les accros au sexe (How I Met Your Mother) ou au cannabis (Weeds, Breaking Bad), United States Of Tara met à l'honneur une mère de famille schizophrène.

 

 

La mère d’aujourd’hui, souvent à l’image, est consacrée figure tutélaire de la cellule familiale. Le ciment sur lequel reposent les lourdes fondations de familles éclatées, « nucléaires » comme le dit poliment l’expression à la mode. La série United States Of Tara, dramedy (comédie et drame à la fois) diffusé prochainement dans nos contrées, se veut le miroir de ces réflexions. Qui sont fréquentes chez les auteurs américains. Aux manettes : Diablo Cody, scénariste de Juno, bloggeuse à succès et ancienne stripteaseuse. A la production, c’est encore plus ronflant : Steven Spielberg.

Mais si l’on arrive à croire à cette histoire de mère souffrant de graves troubles dissociatifs de l’identité, et qui doit gérer au mieux son couple et ses deux enfants ados, c’est avant tout l’œuvre de l’actrice Toni Collette. La mésestimée comédienne de Little Miss Sunshine est tantôt Buck, un redneck violent, peloteur et grossier, T., une ado délurée et insolente, ou encore Alice, une femme au foyer façon années 50, très Desperate Housewives. Au fil des épisodes, Tara Gregor donc, mère de famille très au fait de sa maladie, décide d’arrêter le lourd traitement médical qui la prévenait d’imprévisibles prises de contrôle de ses doubles. Pourquoi ? C’est à ce prix qu’elle retrouvera sa créativité et sa libido. La liberté, quel fantasme…

 

Chez les Gregor, seule l’apparition des personnalités dissidentes de Tara semble dérégler une vie familiale pourtant riche en frasques. Le synopsis, lui, part dans une direction totalement différente à celle du film Mes doubles, ma femme et moi (1996), où une brochette de Michel Keaton pestait contre le métro boulot dodo. Dans Tara, l’extraordinaire est une normalité. Manière d’aborder avec détachement une gamme très étendue de thèmes vu sous l’angle familial : amour, amitié, rivalités, homosexualité, dépendances et complexes en tout genre.

 

Tara est de ces séries qu’on suit dans un demi-sourire, avec une attention croissante, en espérant qu’elle va s’améliorer en cours de route. Renversez le problème, et vous obtenez les désormais navrants Heroes ou Prison Break.

L’intérêt de cette première saison réside dans l’observation, puis la cohabitation de Tara avec ses doubles. Ces tigres de papier interchangeables expriment deux choses : ce sont autant des caricatures de l’antagonisme de la cellule familiale, ballotée ici et là au contact du monde réel ; qu’une interrogation sur la construction de la personnalité de chacun au sein d’une famille d’aujourd’hui.

 

Sur l’audacieuse chaîne Showtime, United States Of Tara est champion de l’audience pour sa première saison, loin devant les scores réalisés par les débuts de Weeds ou Dexter. D’où l’empressement de la chaîne câblée à reconduire le show pour une deuxième livraison, annoncée pour début 2010.

 

 


 


- Générique (splendide) de la série :

 

 

 

 

 


-Site officiel de la chaîne (en anglais)

 

 

 

 

 

T, incarnation d' une ado à problèmes façon Confession Intimes... dans le corps d'une mère de famille presque quarantenaire.

 

Publié dans Séries

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