"Two Lovers", de James Gray (2008)

Publié le par Jérôme

Amour, vouloir et opportunités

 

 

 

 

« Ah bon, le nouveau James Gray s’appelle Two Lovers ? C’est un film d’amour, réalisé dans l’urgence ? Comment ça, il ne parle pas de la pègre ? ». Un an pile après La nuit nous appartient, le nouveau James Gray vient chercher le spectateur précisément là où il ne l’attend pas. Leonard (Joaquin Phoenix), plus que tourmenté après l’échec d’un premier mariage, est déchiré entre la femme que ses parents lui ont choisi (Vinessa Shaw) et sa nouvelle voisine (Gwyneth Paltrow), belle et volage.

 

 

 

 

L’amour est bien le sujet de Two Lovers. Mais qui est amoureux de qui, et pour combien de temps ? L’amour donc, est comme parasité par le comportement social – voire construit en réaction au schéma familial. Les plus grandes figures castratrices du film ? « Déterminisme » et « destin ». D’aucuns y verront une parabole biblique sur la famille, d’autres des relents de rousseauisme, d’une vision sans concession de la société. James Gray, servi à la perfection par les acteurs, dépeint des personnages immatures et opportunistes. L’herbe est, dit-on, plus verte ailleurs, et au dialogue entre instinct et raison, le pragmatisme de l’être de chair a toujours le dernier mot. On l’aura compris, dans Two Lovers, on tord le cou au romantisme, au sentiment pur. Photographie splendide, sobriété proche de la perfection formelle, le film se déploie sur un faux rythme – qui peut déplaire – et la noirceur y est rampante. On feuillette, inquiet, cet album photo, où les similitudes, les fossés entre belle blonde et belle brune ne sont là que pour culpabiliser l’auteur du sentiment.

Publié dans Cinéma

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Eric 27/11/2008 17:39

Trés beau film, émouvant,un trio fonctionnant bien même s'il est désiquilibré.
Une façon original de film NY, on retrouve le style Gray
Ici la raison et la passion on la même place, le même traitement, l'un n'est pas plus beau que l'autre, quoi qu'il choisi Leonard perd. Nous sommes pas loin de la tragédie et de son fatum.
Un trés grand film pour ne pas dire un chef d'oeuvre.
Bravo Mr Gray et Merci pour ce beau moment!!!