Grand angle

Publié le par Jérôme

Paris au cinéma souffle des idées aux touristes

Le fameux "bar d'Amélie Poulain", à Montmartre. "Il ne reste rien à piquer des décors du film, mais les gens viennent toujours", rigole David, le patron.


« Croque-monsieur et crème brûlée ? Voilà l’addition typique de nos clients : exactement ce que mange Amélie dans le film », sourit David, patron des «Deux Moulins », café de Montmartre rendu célèbre par les aventures d’ « Amélie Poulain », le film de Jean-Pierre Jeunet. Le film est sorti en 2001, mais « sans exagérer, nous avons encore un client sur deux – surtout des jeunes – qui viennent chez nous à cause du film, dont une grande partie de japonais et de japonaises. ». Deux jeunes nipponnes de Nagoya, très soignées, repartiront du bar « avec plusieurs dizaines de clichés » de l’établissement. « Normal, vu qu’on adore le film ! ». Tout de noir vêtu, et pas du genre à se balader guide touristique en main, les « Shades of Grey », groupe punk-rock londonien qui jouait la veille à Paris, ont aussi « tenu à faire un détour par Montmartre pour voir si ça ressemble aux décors du film. C’est une des fans qui suit notre tournée qui a reconnu le café, voilà pourquoi nous y sommes rentrés ! ». Alice et Claire, londoniennes également mais à l’air plus sage, se contredisent. L’une explique « que c’est la deuxième fois qu’elles viennent dans ce café et au Sacré-Cœur, le tout entre deux séances du film » et l’autre lève les yeux au ciel et dit « préférer François Truffaut et le cycle Doisnel ».


A l'intérieur du café, la vitre qu'on aperçoit dans le film n'est plus là,
mais l'établissement est toujours haut en couleurs.


Paris sur grand écran, la meilleure des publicités pour le touriste étranger ? Les références, en tout cas, sont affaire de goût mais aussi de génération. Point d’Amélie pour les cinquantenaires, mais « Un Américain à Paris » (1951) pour ces dames, suédoises, vietnamiennes, ou américaines ; et « Gigi » (1959) pour ces messieurs, « où Paris est la ville de tous les plaisirs » s’emporte Michael, canadien de British Columbia. « Ah, Leslie Caron, quelle beauté », lâche-t-il, faisant semblant de ne pas voir son épouse. Gare du Nord, un père de famille de l’Idaho semble avoir le même souvenir ému de l’actrice franco-américaine. Ses deux filles, elles, ont tenu à voir « la réplique parisienne de la Statue de Liberté que l’on voit dans Benjamin Gates 2, et les boutiques de mode qu’on voit dans Le Diable s’habille en Prada ». Le long du Canal Saint-Martin, ce sont Marcel Carné, Arletty et Louis Jouvet qui font se déplacer les touristes. « Hôtel du Nord » (1938), véritable hôtel devenu restaurant, « est très fréquenté par les canadiens, les américains et les japonais de plus de 50 ans. Tout les jours, des clients nous demandent de réciter des répliques du film », raconte un serveur, passablement énervé. « Mais personne dans le staff ne l’a vu, ce film! », admet-il.

Hôtel pour cinéphile transformé en restaurant : atmosphère, atmosphère, il a bien une gueule d'atmosphère.




Deux institutrices espagnoles, en voyage scolaire, se sont souvenues de « 36, Quai des Orfèvres » en passant dans l’île de la Cité. Enfin, pour les plus mordus, de nombreux tour-operators organisent des visites à thème dans l’univers d’un film. Contact Paris s’est spécialisé dans les touristes suisses, autrichiens et allemands. « Sur demande, explique Suzanna Prause, « nous organisons des visites de monuments et coins insolites dans Paris autour des films Le Parfum, Amélie Poulain, La Môme et Da Vinci Code, qui reste le plus demandé ».

 

 

 

 

Publié dans Reportage

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