Grand Corps Malade, une planète qui cache une galaxie

Publié le par Jérôme

Les médias s’emparent du slam

…mais quand est-ce que le message original de cet art sera restitué ? A l’heure actuelle, les ravisseurs sont plus insondables que les FARC et Michel Fourniret réunis.

 

Pour le collectif caennais Le Milieu, le slam est avant tout  « une musique qui porte le texte, des mots qui touchent autant que le sens des sons ». Slammer, ce n’est pas seulement se faire porter par la foule pendant les concerts. En argot américain, slam, c’est « la claque », « l’impact » qui doit frapper les auditeurs de cette poésie urbaine. Une liberté créatrice qui fait souvent du slam une poésie personnelle, engagée.

Le mouvement, né dans les années 80 à Chicago sous la houlette de Marc Smith, a progressivement dépoussiéré toutes les scènes de poésie ouverte, à travers le monde, en les rendant plus ludiques et en encourageant le public à participer. En France, au début des années 90, les bars parisiens accueillent les premières performances signées Pilote Le Hot, Nada, ou Collectif 129H. Puis c’est à Nantes, qui héberge les trois premières éditions du « Grand slam National » (2004-2006) que la scène locale s’organise autour du collectif Slam-Nantes-44.


 

"Tout Feu Tout Slam", un disque de qualité pour juger de l'énergie de cette singulière scène française.


« Le slam donne une vraie convivialité à l’expression orale », explique Patricia Marie, de la médiathèque de Falaise, rompue à l’organisation de ce type d’événements. Dans la petite commune bas-normande, comme partout ailleurs, on voit fleurir des ateliers d’expression orale, censés réconcilier la rue avec la culture. Chaque jeune participant est amené à s’entraîner avant – s’il le souhaite – d’affronter le public. « Pour donner l’étincelle au niveau de l’écriture de textes, on va écouter une sélection de slams, lire plusieurs textes, et jouer sur les mots à l’aide de cadavres exquis* », explique la jeune femme à un parterre de lycéennes amusées. L’objectif : démythifier la prise de parole poétique, que les aréopages de la culture francophone ont placée bien en haut sur leur piédestal.

 Enfant de la ville, le nouveau Grand Corps Malade vient de sortir, mais une grande confusion demeure autour du terme « slam ». Ledit slam rassemble en fait plusieurs disciplines : la lecture de poèmes choisis, les battles (joutes) prisées par les acteurs de théâtre ou les rappeurs, le spoken word, les one-man shows poétiques, et les prestations médiatiques d’artistes issus du slam et mises en musique : Abd Al Malik, Renaud Papillon Paravel…



Le disque par lequel la médiatisation, avec ses avantages et ses inconvénients, a débuté...


Le parisien Grand Corps Malade, lui, préfère qualifier sa musique « d’acoustique a cappella ». Comme il le dit avec talent : « J’viens d’là où le langage est en permanente évolution/ verlan reubeu argot gros processus de création ». Puisque l’art s’est éloigné de la vie, faisons-le naître de nos existences. Ce pourrait être le leitmotiv de cette poésie qui n’a pas de plus grande qualité que de placer l’écoute au centre de tous les regards.



*cadavre exquis : jeu collectif inventé par les surréalistes en 1925. Ils en donnent la définition suivante :  jeu qui consiste à faire composer une phrase, ou un dessin, par plusieurs personnes sans qu'aucune d'elles ne puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes.

Publié dans Musique

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Pascal Djemaa 21/04/2008 09:19

Bonjour, je vous convie à venir découvrir mon blog consacré au ciné et à l'humour. Pascal Djemaa.