Cocoon au Phonix Festival (Caen) : interview et chronique

Publié le par Jérôme

Cocoon : l’interview exclusive pour Mediart –  Mercredi 12 mars 2008

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            Morgane Imbeaud et Mark Daumail : les joyaux de la scène rock clermontoise juste avant leur deuxième concert caennais.


Pourquoi avoir intitulé votre album My Friends All Died In A Plane Crash ?

 

Mark : Cette phrase est la première que j’ai écrite lorsque j’ai décidé d’écrire l’album. C’est un peu le fil rouge, le thème directeur de l’album.

 

C'est-à-dire ?

 

Mark : La période où j’ai imaginé écrire cet album correspond à une période où j’ai perdu plusieurs proches. Mais ce n’était pas dans des accidents d’avions.

Sinon, j’aime assez l’idée d’un titre long pour les albums, qu’on n’ait pas l’impression qu’on puisse le résumer en un mot ou deux !

 

Votre album parle d’avions, mais aussi d’oiseaux. Y’a-t-il un thème aérien chez Cocoon ?

 

Morgane : C’est vrai, dans les chansons qu’on a retenues pour constituer un album, il y a des vautours, des hiboux et de chouettes. Mais on parle en général beaucoup d’animaux…

Mark : D’ailleurs, notre prochain album sera exclusivement centré sur les animaux marins fantômes (rires).

 

Il y a une certaine dimension humoristique dans le groupe. Avez-vous conscience que certains auditeurs passent totalement à côté ?

 

Morgane : C’est vrai, il y a peut-être un petit côté pince-sans-rire. On a naturellement envie de mettre de l’humour dans notre musique. Mais ce n’est pas la seule chose que l’on veut exprimer !

 

Quelle était au juste votre démarche pour cet album, très orienté pop/ folk – jusque dans l’écriture des textes ?

 

Mark : On a eu beaucoup d’idées qui se sont bousculées… Pour ce premier album, qu’on a sorti en avril 2007, on voulait un son très propre, quelque chose qui sonnerait américain.

 

Morgane : On avait une soixantaine de chansons à la base et de fil en aiguille, il n’est plus resté que les douze qui composent l’album.

 

Avez-vous déjà réfléchi à une démarche différente pour un prochain album ?

 

Mark : J’écoute de la musique beaucoup plus sophistiquée que le folk, de l’électro, du hip-hop. Ca peut être intéressant de partir dans cet esprit-là. Le premier album était low-fi, avec un son très clair, le prochain peut très bien être hi-fi ! Un son crade, des guitares électriques… en tout cas pas avant octobre 2009. Il nous reste plein de belles expériences à vivre avec cet album-ci.

Dans l’idéal, on aimerait faire comme avec My Friends All Died In A Plane Crash, sortir un EP avant l’album. Pourquoi pas en vinyle. Comme ça les gens seront obligés d’acheter une platine pour l’écouter. 200 € le nouveau cd de Cocoon, c’est pas cher (rires).

 

Que pensez-vous du nouveau statut de l’artiste, de la dématérialisation de la musique, vous qui faites partie de la « nouvelle génération » ?

Mark : Le téléchargement, ca ne nous choque pas. On fait pareil (dit-il en désignant un Ipod touch sur la table) ! On est vraiment satisfaits de notre label actuel, Sober & Gentle, on est une petite équipe qui bosse bien. Il y a moins d’intermédiaires, cela simplifie vraiment notre travail. Les responsables dans les grandes majors, quand ils ne vendent pas, ils doivent s’arracher les cheveux !

On a fait la « homepage » de deezer.com (ndlr : site gratuit d’écoute de musique en ligne financé par la pub) pendant trois semaines et reçu un financement grâce à ce système qui est plutôt bien !

 

Pour finir, comment trouvez-vous Caen, où vous jouez ce soir ?

 

Mark : Euh…un peu comme toutes les villes qu’on parcourt. On a déjà eu l'occasion de venir une fois auparavant mais... pas trop eu le temps de visiter. Notre plaisir, c'est de remplir des salles et d’aller à la rencontre du public !


Cocoon : un concert…déconcertant


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De nouvelles têtes au pouvoir, et Cocoon en tête d’affiche dans la cité caennaise, fraîchement devenue ville de gauche. Bonne pioche en tout cas pour la première édition du festival Phonix, organisé par la Maison de l’Etudiant caennaise du 10 au 13 mars, et qui rassemblait notamment Jim Murple Memorial (ska), Saytec (électro) et autre Mendelson (rock). 

Site de la Maison de l'étudiant


 

Un set frais et de bonne humeur. Cocoon, c’est l’histoire d’une bulle. Un groupe qui existe comme un duo, où Mark et Morgane se renvoient la balle inlassablement. En chantant, en jouant : elle du piano, lui de la guitare, en parlant et en se regardant. Le public ne peut être que complice d’un univers qui se tisse à coups de blagues parfois grasses mais toujours spontanées, d’envolées lyriques prétendument tristes où, sur scène, on vous fait un clin d’œil. Une reprise d’Amy Winehouse pour la forme, comme pour mieux nous faire comprendre que Cocoon a son univers, qu’il peut s’approprier celui des autres. Et qu’il ne nous laissera pas comme ça.

Une vieille légende urbaine consacre les spectateurs caennais « public le plus froid de France ». Ou peut-être le plus exigeant ? La simplicité et l’épure de Cocoon a la bonne idée de se retrouver dans leurs prestations scéniques. Sur scène, la voix de velours de Mark Daumail se fait encore plus entêtante que sur l’album. Symbole d'une belle réussite : capter/ détourner l’attention du spectateur… pour mieux le satisfaire.  



Publié dans Musique

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