"Paris", de Cédric Klapisch (2008)

Publié le par Jérôme

Paris selon Klapisch : histoire d’une fiction ou fiction d’une histoire ?

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Paris nous raconte l'histoire d'un jeune danseur (Romain Duris) atteint d'une maladie et qui se demande s'il va mourir... Ouvrant ses yeux et ses oreilles au monde qui l'entoure, il va porter un regard neuf sur ses amis, sa famille et tous les gens qu'il croise. Et dans une avalanche de bons sentiments, renaître à la vie.
Cela devient une mauvaise habitude chez Klapisch : confier aux personnages incarnés par l’inamovible Romain Duris les clés de la narration, fussent-ce des pensées décousues. Que de temps parcouru depuis Le péril jeune, jusqu’au Poupées russes, que de complaisance du metteur en scène pour « son » acteur qui ne joue plus que son propre rôle : Romain dans un film de Cédric. Variante : Fabrice Lucchini en mode roue libre dans un film de Cédric. Avis aux amateurs.
Si l’on peut passer sur le  « syndrome Ocean’s eleven » du film à acteurs, la pauvreté générale de l’histoire et ses errements dans les intrigues secondaires est assez frustrante. Reste, comme souvent chez Klapisch, quelques personnages attachants et joués très justement, moments de grâce dans une intrigue portée à bout de bras par le casting : François Cluzet en architecte bientôt papa, Juliette Binoche en assistante sociale désabusée, Albert Dupontel en maraîcher dragueur, Karin Viard en boulangère raciste, Mélanie Laurent en étudiante bucolique…
La touche Klapisch est là, sa capacité sans égale à dépeindre des personnages dont on voudrait croire qu’ils sont réels…mais dans Paris, on regrette qu’ils ne soient que des esquisses. Ou parfois totalement inutiles, comme l’intrigue du clandestin camerounais.
Les dialogues et les situations regorgent de trouvailles, d’autocitations, d’humour ; prompts à créer un univers. Mais n’est pas roman balzacien qui veut… Au final, que de déchet et de contraste dans cette nébuleuse !   

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Publié dans Cinéma

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Shin 08/04/2008 14:09

Bonjour,

Même si je l'ai suivi avec un certain plaisir (notamment grâce à Juliette Binoche), "Paris" m'a également un peu déçu de ce réalisateur qui avait pourtant su si bien m'embarquer dans ses précédents films.

Bien, mais pas top.

Amicalement,

Shin.

Karim 07/03/2008 13:02

Salut Jey,

Je me demandais ce que valait ce Klapisch. J'en ai vu quelques-uns et peut-être (seulement) les plus connus ; je reste assez attaché à ces univers "esquissés" par le réalisateur. Je n'en fait pas "la" référence cinématographique de la dernière décennie mais je trouve que ce sont de bons divertissements (loin de moi l'idée de relancer le débat : cinéma entre divertissement et art).
Je pense que cette référence un peu amère à Balzac en fin de critique m'a ouvert les yeux sur ce qui m'attire chez ce duo Klapisch/Duris ; il y a un peu de cette univers sans fin qui étend son bras tentaculaire sur la France (et l'Europe.) Mais enfin, ce n'est pas aussi grand que Balzac...
Merci pour cette critique (et pour l'économie de temps que je fais en n'allant pas le voir).
LEK