Paris selon Klapisch : histoire d’une fiction ou fiction d’une histoire ?
Paris nous raconte l'histoire d'un jeune danseur (Romain Duris) atteint d'une maladie et qui se demande s'il va
mourir... Ouvrant ses yeux et ses oreilles au monde qui l'entoure, il va porter un regard neuf sur ses amis, sa famille et tous les gens qu'il croise. Et dans une avalanche de bons sentiments,
renaître à la vie.
Cela devient une mauvaise habitude chez Klapisch : confier aux personnages incarnés par l’inamovible Romain Duris les clés de la narration, fussent-ce des
pensées décousues. Que de temps parcouru depuis Le péril jeune, jusqu’au Poupées russes, que de complaisance du metteur en scène pour « son » acteur qui ne joue plus
que son propre rôle : Romain dans un film de Cédric. Variante : Fabrice Lucchini en mode roue libre dans un film de Cédric. Avis aux amateurs.
Si l’on peut passer sur le « syndrome Ocean’s eleven » du
film à acteurs, la pauvreté générale de l’histoire et ses errements dans les intrigues secondaires est assez frustrante. Reste, comme souvent chez Klapisch, quelques personnages attachants et
joués très justement, moments de grâce dans une intrigue portée à bout de bras par le casting : François Cluzet en architecte bientôt papa, Juliette Binoche en assistante sociale désabusée,
Albert Dupontel en maraîcher dragueur, Karin Viard en boulangère raciste, Mélanie Laurent en étudiante bucolique…
La touche Klapisch est là, sa capacité sans égale à dépeindre des personnages dont on voudrait croire qu’ils sont réels…mais dans Paris, on regrette qu’ils
ne soient que des esquisses. Ou parfois totalement inutiles, comme l’intrigue du clandestin camerounais.
Les dialogues et les situations regorgent de trouvailles, d’autocitations, d’humour ; prompts à créer un univers. Mais n’est pas roman balzacien qui veut… Au
final, que de déchet et de contraste dans cette nébuleuse !
Par Jérôme
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Publié dans : Cinéma
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