Repenti, un album de Renan Luce (2007)

Publié le par Jérôme

Repenti de Renan Luce : entre costume et baskets

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« N
ouvelle chanson française », néologisme barbare, particulièrement quand on vous vend le 34e fils spirituel et/ou héritier de George Brassens. Moustaki, Nougaro, Ferré. Le respect des anciens, qu’on vous dit ! Quitte à mettre les gens dans des cases. Ah, médias, que j’aime lorsque vous collez des étiquettes, permettant à Thomas Fersen, Emmanuel Moire, Da Silva ou Georges-Alain de Star Academy de faire partie d’une improbable même famille ! Méfiance donc, avec ce Renan Luce, soi-disant petit frère de Bénabar, gueule d’ange et gendre idéal, dont l’incontournable La Lettre voudrait faire croire aux mauvaises langues que ce breton né à Paris a tout d’un chanteur à minettes…
 
Comme des souvenirs mis en musique

Curieux contraste, parfois, que l’image donnée par le lancement publicitaire d’un artiste et sa véritable qualité. Renan Luce est de ceux-là, et on priera les sceptiques de tenter l’expérience. Repenti est un premier album entre chanson pop et folk, d’une maîtrise et d’une épure étonnante. Pas de prétention ni de fausses ambitions : Renan Luce raconte d’éphémères histoires où l’euphorie l’emporte souvent sur la mélancolie. Comme un souvenir mis en musique. Les Voisines et La Lettre sont deux amourettes bucoliques, Monsieur Marcel évoque un fossoyeur bien cynique, tandis que Je suis une feuille fait de l’écriture une mélancolie. La caverne des souvenirs, que Thomas Fersen n’aurait pas reniée, s’expose dans Le Lacrymal Circus ou Nuit Blanche. Repenti amusera sûrement les fans du Parrain ou des Sopranos. L’Iris et la Rose fait dans le pathos larmoyant, où Renan Luce apparait moins à l’aise. L’insouciance, on vous dit ! L’apaisement, aussi. Celle de la guitare folk et de la voix, qui se fait trainante, ornementée de légers accompagnements. Cette apparente facilité rappellera les néophytes de Brassens à leurs premières écoutes, la musique paraît répétitive, la voix semble lancinante, désincarnée. Dans Les mille et une nuits, Shéhérazade inventait une histoire par jour pour que le sultan l’épargne. Renan Luce est un séducteur du même acabit. Son image – veste et baskets incluses – semble l’amuser, et puisque rien n’est acquis, place à la jubilation et à l’insouciance ! Les galons viendront plus tard. 

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Renan Luce ( à droite), en toute décontraction avant un concert au Forum de Falaise (Calvados).

Pour finir en musique, voici une surprenante reprise de "Bang Bang", par Elodie Frégé et Renan Luce, à découvrir
 

Publié dans Musique

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