"Les Démons de Jésus", de Bernie Bonvoisin (1997)

Publié le par Jérôme

Jésus dans le titre, et démons à l’œuvre     
Burlesque noir à la sauce grand Ouest parisien : goûtu.
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L’Histoire. Quelques mois avant Mai 68, on suit les tribulations des Jacob, une famille de nomades sédentarisés dans une banlieue du Nord. Une galerie de personnages hauts en verbe et en couleurs. Jugez plutôt : un père alcoolique (savoureux Victor Lanoux), une mère au foyer, deux frères arnaqueurs (Thierry Frémont et Patrick Bouchitey, comme larrons en foire), un autre intello, un petit dernier qui se demande pourquoi il va a l'école et enfin une sœur « trop belle pour eux » (comment oublier Nadia Farès ?).
 
« Antisocial, tu perds ton sang froid ! » chantait Bernie Bonvoisin avec son groupe Trust. Du sang-froid, la famille Jacob n'en a plus beaucoup. Un nom fortement symbolique pour cette famille de gens du voyage : Jacob, personnage biblique plus tard appelé Israël, est le premier des patriarches juifs et père d’un certain Joseph. Jacob donc, un voyageur célèbre en quête d’une terre d’accueil. Le mythe du juif errant devient chez Bonvoisin celui des apatrides et des marginaux. 
Des personnages entiers, forts en gueule, comme à la belle époque des Tontons Flingueurs, qui sont la raison d’être du premier long-métrage de Bonvoisin. Ce qui est à la fois la plus grande force et la plus grande faiblesse de l’oeuvre. Dialogues parfois brillants, seconds couteaux truculents (Elie Semoun en voyou gouailleur, Marie Trintignant en prostituée paralytique…) et situations rocambolesques : Jean-Claude Izzo et San-Antonio ne sont jamais loin.
Cependant, l’envie de bien faire, de peindre un peu mieux dans chaque réplique cette société en marge a la naïveté touchante des premiers films : le propos patine, s’éparpille, s’embourbe et hésite entre film noir et chronique sociale (notamment avec la fin, maladroite). Mais les amoureux des acteurs seront aux anges.

Publié dans Cinéma

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jérôme 04/02/2008 22:42

merci pour la précision :-)

Vinatier 04/02/2008 20:53

Petite rectification importante, le film ne se déroule pas dans le Nord mais bien dans la banlieue ouest de Paris, le "grand ouest" comme ils disent.