Dexter, une série de James Manos Jr (2006)

Publié le par Jérôme

De l’attachement aux tueurs en série
La série « Dexter » débarque sur Canal +, auréolée d’une réputation flatteuse.
 

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Peut-on encore, dans l’univers des séries policières, avoir l’impression de regarder quelque chose de nouveau ? Le producteur des Sopranos et de The Shield a visiblement réfléchi à la question avec Dexter. Expert médico-légal de la police de Miami, Dexter Morgan n'est pas un citoyen américain lambda. Il mène une double vie et la nuit venue, il se métamorphose en serial killer. Enfant traumatisé, il est adopté par un officier de police de Miami, qui l’aide à canaliser ses pulsions meurtrières afin de ne pas tuer des innocents. De fait, il n'élimine que les tueurs qui sont parvenus à échapper au système judiciaire. Bien malgré lui, Dexter incarne une espèce de « justice de l’ombre ». Son véritable combat ? Mener une existence normale, sauver les apparences auprès de ses collègues et amis mais surtout… dominer sa soif de tuer.
Le roman de Jeff Lindsay, Ce cher Dexter, a largement inspiré ce thriller au héros atypique et vite attachant. Le mystérieux tueur au camion frigorifique, pendant maléfique de notre expert médico-légal, s’impose lentement comme cœur de l’histoire, forçant le héros à remuer son passé…
Après des débuts timides, en octobre 2006, Dexter s’est imposé aux Etats-Unis comme la série originale la plus regardée sur la chaîne Showtime. Succès oblige, une seconde saison débarquera en septembre prochain : un nouvel opus qui s’éloignera radicalement de la suite du roman, selon Clyde Phillips, le producteur exécutif de la série.
 
La narration, souvent l’apanage de Dexter Morgan, nous place au cœur de la contradiction à laquelle est soumis le héros : il ne ressent rien. S’accumule en lui une collection cynique de choses qu’il devrait penser, qu’il se doit d’exécuter pour rester dans la norme. N’en déplaise à M. Sarkozy, l’envie de meurtre est ici présentée comme une pathologie. En présentant une galerie de personnages à la part d’ombre meurtrière, la série de James Manos Jr permet, sans complaisance aucune, de mesurer l’écart entre l’être et le paraître. Et de présenter de manière non conventionnelle le désir mortifère et sa « médiatisation » dans un univers aux règles propres. Dexter n’a pour ainsi dire qu’un seul moyen de comprendre ses propres contradictions : rencontrer son double.  
Un tel parti pris ne pouvait s’appuyer que sur une interprétation impeccable du personnage principal. Un pari réussi : Michael C. Hall, déjà acclamé dans Six Feet Under, prouve son aisance dans les rôles ambigus et insuffle juste ce qu’il faut d’humanité à ce tueur pince sans rire. Une prestation récompensée par une nomination au Golden Globe 2007 du meilleur acteur de série dramatique.
Mention toute particulière, enfin, à l’ingéniosité du générique d’introduction, s’il est encore besoin d’insister sur les vertus de Dexter. Pendant que j’y suis, vous ne trouvez pas que votre voisin de palier vous regarde bizarrement ?
 
 

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P
our finir, sachez que
la saison 2 est actuellement diffusée aux Etats-Unis. Promis, on en reparlera!

Publié dans Séries

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Commenter cet article

Louis 18/05/2007 21:31

Pour avoir vu toute la série ,je ne peut que le recommander !

Benjamin 17/05/2007 11:36

Sympa ta chronique. J'avais déjà prévu de regarder la série mais là je suis encore plus motivé après ce que je viens de lire. A bientôt