Lundi 8 juin 2009
Le pamphlet moderne est rock, violent et animé

1999. Deux univers artistiques aux services d'une vision du monde. Todd Mc Farlane, le premier self made-man de l'histoire des dessinateurs de comics a quasiment arrêté de dessiner et Pearl Jam, le groupe de rock alternatif et autodictate, n'a plus proposé de clip pour ses chansons depuis 9 ans. Un duo d'enfer pour un plaidoyer très pessimiste contre la nature humaine... dans ce quelle a
de plus exécrable.



Pearl Jam - Do The Evolution


« Perpétuez l’évolution ». Non, ce n’est pas un extrait des tables de la loi ou une parabole de la Bible. C’est un pamphlet moderne griffé par deux fauteurs de trouble : le groupe de rock américain Pearl Jam et le sulfureux dessinateur Todd McFarlane (auteur du célèbre super héros occulte Spawn). Force est de constater que ce décapant film d’animation et ces paroles qui hurlent (voir ci-dessous) sont toujours d’une actualité brûlante. « Cette chanson s’adresse à tous ceux qui sont ivres de technologie, qui pensent qu’ils sont la forme de vie dominante de cette planète. Voici une chanson que je ne chante pas en étant moi-même ! », déclarait voilà près de dix ans Eddie Vedder, chanteur de Pearl Jam, au Philadelphia Inquirer.


« Do the evolution », issue du cinquième album studio du groupe Yield (1998) a réussi l’exploit de se classer dans les charts américains et canadiens alors qu’elle n’est jamais sortie en single. Elle est en outre la chanson préférée d’Eddie Vedder sur cet album, « parce qu’elle porte en elle la philosophie dont est issue ce disque ». Derrière cette bouffée d’inspiration anti-guerres, religions, génocides, racisme, misogynie, technologies… se cache un roman qui a inspiré les mouvements « d’anarchisme vert » : Ishmael (1992), de l’écrivain, éco-philosophe et futurologue américain Daniel Quinn. L’objectif du roman ? Interroger, plus d’un siècle après Jean-Jacques Rousseau, les relations de l’homme avec sa nature animale et les collusions entre nature et culture. 

 

Reste le trait léché de McFarlane, le dessinateur qui a acquis sa notoriété en ressuscitant Spiderman. La sophistication des détails, les rictus inquiétants, les images cycliques  de mort et de flammes font fort dans l'agression visuelle, et servent vraiment le propos de cette chanson singulière.

 


 

 

PAROLES et TRADUCTION

 

 


 

Do The Evolution  Perdurez L'Evolution
 
Woo Woo    Hou !
Hou !
I'm ahead, I'm a man   
Je suis devant, je suis un homme
Oh ! I'm the first mammal to wear pants, yeah    Oh ! Je suis le premier mammifère à porter des pantalons, ouais
I'm at peace with my lust    Je suis en paix avec ma convoitise
I can kill 'cause in God I trust, yeah    Je peux tuer car en Dieu je crois, ouais
It's evolution, maybe ?    C'est de l'évolution, peut-être ?
 
I'm a beast, I'm the man    Je suis une bête, je suis l'homme
Buying stocks on the day of the crash, yeah    En train d'acheter des actions le jour du crash, ouais
On the loose, I'm a truck    En liberté, je suis un poids-lourd
All the rolling hills, I'll flatten 'em out, yeah    Toutes les collines ondulées, je les aplatirai, ouais
It's herd behavior, uh huh    On se comporte en troupeau, ouh heuh
It's evolution, maybe ?    C'est de l'évolution, peut-être ?
 
Admire me, admire my home    Admire-moi, admire ma maison
Admire my son, here's my coat    Admire mon fils, voici mon clone
Yeah [x4]    Ouais [x4]
This land is mine, this land is free    Cette terre est à moi, cette terre est gratuite
I'll do what I want but irresponsibly    Je ferai ce que je veux, mais irresponsablement
It's evolution, maybe ?    C'est de l'évolution, peut-être ?
 
I'm a thief, I'm a liar    Je suis un voleur, je suis un menteur
There's my church, I sing in the choir :    Voici mon église, je chante dans la chorale :
... Hallelujah... [x2]    ... Alléluia... [x2]
 
Admire me, admire my home    Admire moi, admire ma maison
Admire my son, admire my clothes    Admire mon fils, admire mes vêtements
'Cause we know, appetite for a nightly feast    Parce qu'en fait, j'ai de l'appétit pour faire des banquets chaque nuit
Those ignorant Indians got nothin' on me    Ces imbéciles d'Indiens ne peuvent rien contre moi
Nothin', why ?    Rien, pourquoi ?
Because, it's evolution, baby !    Parce que, c'est de l'évolution, bébé !
 
I am ahead, I am advanced    Je suis devant, je suis en avance
I am the first mammal to make plans, yeah    Je suis le premier mammifère à élaborer des complots, ouais
I crawled the earth, but now I'm higher    J'ai rampé sur la terre, mais maintenant je suis plus haut
Twenty-ten, watch it go to fire    En 2010, regardes-la partir en fumée
It's evolution, maybe ? [x2]    C'est de l'évolution, peut-être ? [x2]
Do the evolution !    Perdurez l'évolution !
Come on [x3]    Allez [x3]

 


Par Jérôme - Publié dans : Musique
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Lundi 8 juin 2009

Une américaine moyenne découpée au schizo


Dans le microcosme de la série américaine, les déviants s'installent régulièrement en figure de proue des séries. Après les serial-killers (Dexter), les accros au sexe (How I Met Your Mother) ou au cannabis (Weeds, Breaking Bad), United States Of Tara met à l'honneur une mère de famille schizophrène.

 

 

La mère d’aujourd’hui, souvent à l’image, est consacrée figure tutélaire de la cellule familiale. Le ciment sur lequel reposent les lourdes fondations de familles éclatées, « nucléaires » comme le dit poliment l’expression à la mode. La série United States Of Tara, dramedy (comédie et drame à la fois) diffusé prochainement dans nos contrées, se veut le miroir de ces réflexions. Qui sont fréquentes chez les auteurs américains. Aux manettes : Diablo Cody, scénariste de Juno, bloggeuse à succès et ancienne stripteaseuse. A la production, c’est encore plus ronflant : Steven Spielberg.

Mais si l’on arrive à croire à cette histoire de mère souffrant de graves troubles dissociatifs de l’identité, et qui doit gérer au mieux son couple et ses deux enfants ados, c’est avant tout l’œuvre de l’actrice Toni Collette. La mésestimée comédienne de Little Miss Sunshine est tantôt Buck, un redneck violent, peloteur et grossier, T., une ado délurée et insolente, ou encore Alice, une femme au foyer façon années 50, très Desperate Housewives. Au fil des épisodes, Tara Gregor donc, mère de famille très au fait de sa maladie, décide d’arrêter le lourd traitement médical qui la prévenait d’imprévisibles prises de contrôle de ses doubles. Pourquoi ? C’est à ce prix qu’elle retrouvera sa créativité et sa libido. La liberté, quel fantasme…

 

Chez les Gregor, seule l’apparition des personnalités dissidentes de Tara semble dérégler une vie familiale pourtant riche en frasques. Le synopsis, lui, part dans une direction totalement différente à celle du film Mes doubles, ma femme et moi (1996), où une brochette de Michel Keaton pestait contre le métro boulot dodo. Dans Tara, l’extraordinaire est une normalité. Manière d’aborder avec détachement une gamme très étendue de thèmes vu sous l’angle familial : amour, amitié, rivalités, homosexualité, dépendances et complexes en tout genre.

 

Tara est de ces séries qu’on suit dans un demi-sourire, avec une attention croissante, en espérant qu’elle va s’améliorer en cours de route. Renversez le problème, et vous obtenez les désormais navrants Heroes ou Prison Break.

L’intérêt de cette première saison réside dans l’observation, puis la cohabitation de Tara avec ses doubles. Ces tigres de papier interchangeables expriment deux choses : ce sont autant des caricatures de l’antagonisme de la cellule familiale, ballotée ici et là au contact du monde réel ; qu’une interrogation sur la construction de la personnalité de chacun au sein d’une famille d’aujourd’hui.

 

Sur l’audacieuse chaîne Showtime, United States Of Tara est champion de l’audience pour sa première saison, loin devant les scores réalisés par les débuts de Weeds ou Dexter. D’où l’empressement de la chaîne câblée à reconduire le show pour une deuxième livraison, annoncée pour début 2010.

 

 


 


- Générique (splendide) de la série :

 

 

 

 

 


-Site officiel de la chaîne (en anglais)

 

 

 

 

 

T, incarnation d' une ado à problèmes façon Confession Intimes... dans le corps d'une mère de famille presque quarantenaire.

 

Par Jérôme - Publié dans : Séries
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Lundi 1 juin 2009
Mauvais double


Il y a deux Eric dans le nouveau Ken Loach. L'un est postier à Manchester, l'autre fut l'un des footballeurs les plus talentueux d'Outre-Manche. Tournés vers leur passé, les deux personnages du réalisateur britannique ne parviennent pas à insuffler à Looking for Eric la flamme qu'un tel jeu de doubles aurait mérité.

Après leur avoir craché dessus, les intellectuels draguent désormais les footballeurs. Après les ébats égotiques de Maradona et Kusturica, c’est Eric Cantona – qui produira désormais du cinéma avec ses frères – qui fait son petit numéro chez Ken Loach. Looking for Eric, c’est l’histoire… d’Eric Bishop, un postier de Manchester un peu morne, la quarantaine, inconditionnel du footballeur de Manchester United qui s’appelle comme lui. Le héros a abandonné sa femme, sa fille, et se révèle incapable de cadrer ses fils, adolescents, dont il a toujours la garde. Situation familiale délétère, cruauté en creux de la vie des middle class britanniques, parfum de drame dans l’air... La bouée la plus proche, vers laquelle nagent ces personnages apeurés du cinéaste britannique, est rarement la meilleure.


Bref, toujours chez Loach ce carcan du conditionnement social, où les événements rappellent à chacun qu’il n’est pas simple d’échapper à sa condition. Le fils aîné tombe sous la coupe d’un truand, sa sœur cumule enfant en bas âge et études… Quant au père, il s’essaye à la psychologie du regard de l’autre. Pour discuter de son existence, le postier Eric, un rien schizophrène, voit lui apparaître Cantona. Un Jimini Crockett sorti de nulle part, un faux double qui parle franglais, propre aux situations cocasses. Le fan de ballon rond pourra toujours admirer quelques beaux buts du King.


Mais le film choisit clairement la voix du drame, et tente de développer une dichotomie fondamentale du cinéma : le décalage entre l’identification à un personnage réel et à une image. « Essaye de te voir à travers les yeux de quelqu’un que tu admires », assure son meilleur ami à Eric. Ici, la fiction autorise tous les fantasmes. Même celui, imputable à Ken Loach, d’avoir voulu faire une tarte au citron avec des fraises. Eric Cantona, se pose là, avec son étiquette inamovible de légende anglophile, au milieu de ce drame social qui sent la paresse. Et fatalement handicapé par une mise en scène et une direction d’acteurs qui ne se préoccupe pas de lui.  







 

Pour aller plus loin :




-Bande-annonce






-Fiche du film

-Site officiel (en anglais)







Par Jérôme - Publié dans : Cinéma
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Vendredi 29 mai 2009
"Hrafnagaldurs Performers", cross-over musical pour vieille saga islandaise



Le groupe de pop islandais Sigur Rós et Hilmar Örn Hilmarsson, le compositeur du film Angels Of Universe, sont les principaux inspirateurs d'Odin's Raven Magic, concert unique donné en septembre 2004 à la Villette dont il n'existe à ce jour aucun enregistrement officiel. A la croisée de la musique traditionnelle, du rock, de l'électronica et de la musique contemporaine, ce projet plein de démesure a rassemblé pour l'occasion chanteurs, poètes, musiciens, compositeurs et vidéastes islandais sous le nom des Hrafnagaldurs Performers. Le but ? Célébrer à leur manière Islande de glace et de feu, quinzaine culturelle en France de leur pays. Pour ce faire, quoi de mieux qu'un vieux poème oublié de l'Edda, recueil de "monuments de la mythologie et de la poésie des anciens peuples du Nord" ? Le poème, et donc le concert, sont consacrés à Odin, figure tutélaire de la mythologie nordique, mi-chaman mi-dieu de la guerre, poète à ses heures.

LA VIDEO :  Issue du chapitre 5 du concert, voici un exemple jubilatoire de ce que la musique progressive peut apporter à l'auditeur (et de la dextérité requise pour jouer du xylophone en groupe).


Pour aller plus loin :

- les légendes nordiques de l'Edda, à savourer en anglais (traduction d'Henry Adams Bellows)



Par Jérôme - Publié dans : Musique
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Jeudi 28 mai 2009

La boucle est-elle bouclée pour Archive ?

 

Controlling Crowds, le dernier opus du groupe britannique Archive, est la remarquable synthèse de sept albums et de treize ans de pérégrinations musicales. Qui ressemble à une fin de cycle pour ces bidouilleurs rock/électro/trip hop.

 

Songwriting d’une noirceur à faire pâlir les ombres, production carrée et métallique, les treize nouvelles chansons d’Archive (dix-sept sur la version collector de l’album) renouent tout à la fois avec une électro aux arêtes saillantes, avec des tunnels lyriques un rien naïfs (signés par un habitué, le compositeur Graham Preskett) mais aussi un trip hop aux voix spectrales. Comme un symbole, le rappeur Rosko John, présent sur le premier (et mythique) album Londinium est de retour.

Les deux têtes pensantes du groupe, Darius Keeler et Danny Griffiths, n’ont pas dénigré pour tant l’évolution du groupe vers le rock progressif. La véritable marque de fabrique d’Archive aujourd’hui. La batterie et la basse, bien présentes dans les morceaux, donnent à l’ensemble concision et unité. Tout en ne ressemblant que peu à du rock FM !


C’est la plus grande force de cet enregistrement. Impressionnant équilibre entre les canons de trois genres musicaux (rock, électro, trip hop), chaque morceau nous entraîne pourtant loin des sentiers battus.
Mais cet exercice soulève une autre question. Archive, collectif à géométrie variable, va-t-il continuer à étudier le même sujet après avoir rendu une thèse si brillante ?


 


- Le clip de "Bullets"




Pour aller plus loin :

-Les paroles de "Bullets" ici

-La chanson "Chaos" en écoute libre ici

 

Par Jérôme - Publié dans : Musique
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Mercredi 27 mai 2009

Rock’n’roll au musée des ondes

 

A l’heure d’Hadopi, narrer l’essor de la musique libre ? Avec un œil malicieux sur le présent, Good Morning England raconte la folie rock qui s’empara des ondes britanniques dans les années 70.

 

Un musée du rock flottant, et pas trop poussiéreux ? C’est "The Boat that rocked", nous prévient le titre de la version originale. "Un film qui rend heureux", prévient l’affiche. De cette histoire des radios rock pirate des seventies, on retiendra l’esprit de rébellion, la folie douce… Sentiments qui peuplent manifestement les souvenirs du metteur en scène Richard Curtis, créateur de Mr Bean.
 

Comme 20 millions d’anglais, le scénariste à succès de Bridget Jones ou Quatre mariages et un enterrement a été durablement marqué par Radio Caroline, première et plus grande radio pirate britannique, qui émettait d’un chalutier rouillé en mer du Nord (tout comme la Radio Rock du film). Le metteur en scène s’inspire également de l’immense ferveur populaire de l’époque pour ces radios, et de l’agacement croissant du gouvernement britannique envers ces agitateurs d’idées.
 

Ca swingue pas mal, sur cette embarcation en pleine mer du Nord, avec huit DJ’s qui virevoltent entre les filles et un capitaine aux airs de vampire fatigué. Carl, le petit dernier, gueule angélique, est initié aux choses de l’amour, et la maison façon auberge espagnole est celle du bonheur pour les déviants et les marginaux. Avec quelques années d’avance sur le continent britannique.
 

Dans Good Morning England, la jubilation est maître mot, celle d’un film qui voudrait célébrer sa génération. Où les méchants sont gris, complexés et sont trop plein des frustrations que les gentils assouvissent d’un sourire aux lèvres, sur fond de Rolling Stones.

Sur le pont pendant deux heures, une bande de copains qui cache un casting impressionnant (Phillip Seymour Hoffman, Nick Frost, Kenneth Branagh... ). Le tout cimenté par des dialogues remarquables et un script sans cesse retravaillé pendant le tournage. Parfaits contrepoints à la mise en scène clipesque qui en agacera plus d’un.
 

Le mot de la fin revient aux auditeurs de la radio, qui dansent chez eux comme dans West Side Story pendant tout le film, et empêchent le dénouement de l’histoire de se noyer dans un pathos des plus ridicules.

Peu importe en fait. Avoir envie de dire "fuck" donne le sourire !










































Bande - annonce :


Par Jérôme - Publié dans : Cinéma
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Vendredi 15 mai 2009

Chapeau de Paille nous mène en bateau


Un shōnen manga sur la piraterie, aux références pointues, anachroniques et loufoques ? Il fallait l’oser, Eiichirō Oda l’a fait. Douze ans de publication pour la version papier de One Piece (depuis 1997 au Japon), dix pour la version animée. Et toujours, pour le fan, des mystères irrésolus que l’on retrouve jusque dans le nom de la série. One Piece, in english, signifiant à la fois un « bloc » (le tout) et une « pièce » (la partie).

 

Dans One Piece, Nul pirate, nul lecteur n’est assuré de revenir de ces aventures en un seul morceau. Le tout, serait-ce « l’âge d’or de la piraterie » qui est la raison d’être de la série ? Gold D. Roger, seigneur des pirates aux faux airs de Barbe Noire, est exécuté sur la place publique de manière spectaculaire par la toute-puissante Marine mondiale. Ce personnage fondateur révèle avant de mourir la présence de son butin légendaire, le One Piece, quelque part sur la « route de tous les périls ». Plus féroces encore que les pirates rôdant au large de la Somalie, nombreux sont les aventuriers à répondre à l’appel du large. Mais ce trésor inconnu permet-il vraiment de devenir seigneur des pirates ? Ou est-ce juste une invite du Capitaine Crochet de service à parcourir les océans, plein d’espoir ? Monkey D. Luffy, le héros guerrier caoutchouteux de cette histoire, est intimement convaincu que la recherche de ce trésor fera de lui le prochain souverain de la flibuste.

 

One Piece, le tout, et la partie. Le pouvoir de Luffy, être un homme élastique (lointain clin d’œil à Dhalsim de Street Fighter II) ne désigne-t-il pas des parties qui s’allongent et redeviennent invariablement un tout ? Mais one-piece désigne aussi une « pièce de monnaie ». La pièce d’un trésor maudit, dont seule une infime partie serait visible. Comme celui qui causa bien des soucis à Jack Sparrow dans Pirates des Caraïbes ? La véritable nature du One Piece est inconnue, et le grand succès de la série nous promet des révélations au compte-gouttes. Peut-être que One Piece est une espèce de Graal, objet légendaire qui aurait connu de nombreuses évolutions et que l’on chercherait sans savoir à quoi il ressemble. Qui sait si Eiichirō Oda n’a pas complètement bouleversé son idée de départ pour faire face à l’engouement autour de son œuvre !


Crocodile, l’un des 7 capitaines corsaires et adversaire de Luffy, croit savoir qu’ « il » est une arme capable de dévaster à elle seule des armées entières, comme l’était le mythe celtique à l’origine du Graal. L’historienne pisse-froid Nico Robin, alliée de Monkey D. Luffy, rêve de découvrir avec le One Piece « la Vraie Histoire » sur laquelle repose l’univers, gravée sur le « Ryo Ponéglyphe », une mystérieuse Pierre de Rosette que l’on aurait jamais rapatriée. Ce butin fantasmagorique n’a peut-être de la valeur que pour celui qui en rêve. Reste que les dormeurs ne rechignent pas à prendre la mer : le One Piece est comme la métaphore qui justifie le périple. Comme Edgar Poe l’inventait dans ses romans policiers, peut-être que le plus important n’est pas la conclusion mais toutes les étapes qui mènent au dénouement.



Un parcours initiatique, en somme, ou une belle définition de l’épicurisme, le « tendre vers ». Ainsi, Rough Tell, la dernière île de « la route de tous les périls » où le trésor se cache, se situerait au point de départ (à Reverse Mountain). Elle est celle qui boucle la boucle : la fin serait aussi le début. Nombreux sont les shōnen manga à finir en queue de poisson, comme pour mieux souligner la prépondérance du cheminement par rapport à la fin. Et qu’est-ce la fin d’une série sinon l’arrêt de la parution d’un manga qui aurait perdu son public ? En attendant, One Piece est loin d’avoir livré tous ses mystères.

 

 

 

 

 

Liens utiles :


 

Générique


 

 


Par Jérôme - Publié dans : Séries
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Jeudi 11 décembre 2008

Perseverare diabolicum


Il ne faut pas croire les affiches de film : Moscow, Belgium, surtitré « Quand Johnny aime Matty » n’a pas de filiation avec le bien lisse Quand Harry rencontre Sally (1989). Aussi vrai qu’il n’y a pas que Bruxelles et des francophones en Belgique, l’amour n’est pas toujours consensuel au cinéma. C’est un vrai bazar dans la vie de Matty, postière flamande de 41 ans, qui vit avec ses trois enfants dans un quartier populaire de Gand, Belgique. Le mari, professeur de dessin aux beaux-arts, est parti depuis 5 mois avec une jeunette et fait traîner le divorce. « L’aînée est en plein dans sa crise d’adolescence, la seconde se persuade qu’elle y est et le troisième refuse d’y entrer », peste Matty. Sous les yeux éberlués de ses proches, la quadra s’amourache d’un camionneur de 29 ans nommé Johnny…et séparé depuis dix-huit mois de son ex-femme. Christophe Van Rompaey, le réalisateur, filme avec tendresse des héros méfiants et hésitants à refaire leur vie, car « l’erreur est humaine ». Mais « persévérer dans l’erreur est diabolique », dit aussi cette locution latine. Choisir, certes, mais assumer ? Autrement dit, « regarder dans l’angle mort de sa vie », comme parvient finalement à le faire Matty. C’est cette question cruciale qui peuple le tragi-comique de ce mets flamand, qui s’exprime aussi en italien, français ou anglais. On rit peu mais on sourit beaucoup, charmé par les échanges entre les générations et les âges de cette histoire de famille recomposée.


Bande-annonce de Moscow, Belgium



Par Jérôme - Publié dans : Cinéma
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Dimanche 7 décembre 2008
Indochine : le nouveau single sort mercredi

Imagerie liée à la guerre et beau cliché noir et blanc pour le nouveau single d'Indochine.

Les fans trépignent : Little dolls, premier single du prochain album d’Indochine, sort ce mercredi 10 décembre. La chanson ressemble fort à Alice and June, mais Nicola Sirkis chante bien plus juste. L’album, lui, s’appellera vraisemblablement Météor, et il pointera le bout de son nez le 9 mars 2009. Les fans qui ont eu la chance de l’écouter parlent d’un « virage pop » pour ce nouvel opus. La tournée européenne en 2009, annoncée à grand renfort d’un buzz dégoulinant, sera l’occasion de juger ce nouvel opus sur scène. Elle débutera le 6 octobre à Rouen et s’achèvera 18 décembre 2009 au Mans. Plus de 50.000 places auraient déjà trouvé preneur. « Moi j’ai du mal avec les artistes, surtout avec les français qui habitent en Suisse », chante Nicola Sirkis dans ce nouvel album. Un texte qui prête à sourire pour un groupe trentenaire qui présente son « concert au stade de France » comme point d’orgue de son nouveau disque.


Teaser du nouvel album, avec quelques menus extraits du prochain disque.


Voici ce que serait la playlist du futur album :

- Les aubes sont mortes (texte de Chloé Delaume)
- Je t'aime tant (reprise d'Eli & Jacno)
- Le lac
- Le dernier jour
- Le grand soir
- Un ange à ma table (duo avec Suzanne de Pravda)
- Go Rimbaud Go
- Républika
- La lettre de métal
- Playboy
- Litlle dolls
- L world
- Valentine
- Mexicane syndicate
- Tom & Jerry
- We are the young


Et en attendant mercredi, voici un extrait de la nouvelle chanson


Par Jérôme - Publié dans : Musique
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Mercredi 26 novembre 2008

Amour, vouloir et opportunités

 

 

 

 

« Ah bon, le nouveau James Gray s’appelle Two Lovers ? C’est un film d’amour, réalisé dans l’urgence ? Comment ça, il ne parle pas de la pègre ? ». Un an pile après La nuit nous appartient, le nouveau James Gray vient chercher le spectateur précisément là où il ne l’attend pas. Leonard (Joaquin Phoenix), plus que tourmenté après l’échec d’un premier mariage, est déchiré entre la femme que ses parents lui ont choisi (Vinessa Shaw) et sa nouvelle voisine (Gwyneth Paltrow), belle et volage.

 

 

 

 

L’amour est bien le sujet de Two Lovers. Mais qui est amoureux de qui, et pour combien de temps ? L’amour donc, est comme parasité par le comportement social – voire construit en réaction au schéma familial. Les plus grandes figures castratrices du film ? « Déterminisme » et « destin ». D’aucuns y verront une parabole biblique sur la famille, d’autres des relents de rousseauisme, d’une vision sans concession de la société. James Gray, servi à la perfection par les acteurs, dépeint des personnages immatures et opportunistes. L’herbe est, dit-on, plus verte ailleurs, et au dialogue entre instinct et raison, le pragmatisme de l’être de chair a toujours le dernier mot. On l’aura compris, dans Two Lovers, on tord le cou au romantisme, au sentiment pur. Photographie splendide, sobriété proche de la perfection formelle, le film se déploie sur un faux rythme – qui peut déplaire – et la noirceur y est rampante. On feuillette, inquiet, cet album photo, où les similitudes, les fossés entre belle blonde et belle brune ne sont là que pour culpabiliser l’auteur du sentiment.

Par Jérôme - Publié dans : Cinéma
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