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Mediart : les culture(s) de l'imaginaire - où qu'elles se cachent. Par Jérôme Perrot, journaliste. Ex-IJBA (école de journalisme Bordeaux Aquitaine).
Journalisme au cinéma : que reste-t-il de Citizen Kane ?
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Le monde des médias a toujours attiré les cinéastes. Mais 70 ans après Citizen Kane, d'autres films ont-ils su poser les
bonnes questions sur le métier ? L'écrivaine Sonia Dayan-Herzbrun s'interroge dans un essai, "Le journalisme au cinéma".
Journalistes et cinéastes ont en commun un désir impérieux de nous raconter ce qu’ils ont à dire sur le sens du monde. Au journalisme « la richesse des
tensions dramatiques et le sentiment d’urgence », au cinéma l’avantage de « ne pas disparaître avec le temps et d’échapper peut-être à l’éphémère ». L’auteure,
professeure de sciences sociales, s’efforce dans son ouvrage de jeter des ponts entre ces deux univers et leur but commun : raconter une histoire de la meilleure des manières.
À travers une sélection de films du XXe siècle, on se surprend à retrouver dans les réflexions des cinéastes des critiques très à la mode sur le métier
de journaliste (relations avec la police, la justice, sensationnalisme…). En touchant du doigt les inquiétudes du public envers les médias, et celle de ces derniers envers leur propre éthique,
l’ouvrage replace habilement la pratique du métier dans un acte de création. « Ecrire, ce serait aussi faire un tri dans la confusion du réel ».
Haut-lieu de la scène underground dans les années 80, la cité bordelaise vit toujours une histoire d’amour avec la musique
électronique. Récit.
Il y a quelques semaines, Jean-Michel Jarre (photo), le pionner de la musique électronique, donnait le coup d’envoi de sa première tournée mondiale en salle à Bordeaux. Tout sauf un
hasard. Dans la préfecture d’Aquitaine, les grands rassemblements musicaux sont inexistants, mais la ville est un endroit clé pour les amateurs de musique électronique. La semaine, plusieurs bars
et clubs proposent de la musique très pointue à leurs clients. Le "El Inca" verse dans l’electro rock indie, le "Saint-Ex" dans l’electro trash, "l’Azuli" dans la house et le lounge, le
"Live Café" dans la Tekhouse minimale… Seul le "Son’art", club réputé dans le milieu, a mis la clé sous la porte faute de subventions.
Le week-end venu, c’est au "4Sans" que des centaines de jeunes se retrouvent. Les connaisseurs l’appellent « la Mecque de l'électro ». Niché au cœur du quartier de la gare, discret comme
la ville qui l’héberge, toutes les grandes pointures y sont venues : Justice, Crookers, Digitalism, Martin Solveig, Laurent Garnier, David Guetta… Pourtant, le lieu est aujourd'hui menacé de
fermeture pour cause d'aménagement du quartier. Au niveau des associations, Organ’Phantom, Bordeaux Rock et Allez les filles ! ont noué des liens assez forts avec des artistes de renommée
internationale… suffisants pour faire venir Chinese Man, il y a un mois, dans un petit festival du Bassin d’Arcachon.
Un héritage des 80’s. D'autres salles de concert programment ponctuellement ce genre de musique. Le "BT59" à Bègles, le "CAT", "l’Heretic
Club" à Bordeaux… Un « héritage » local né dans le milieu des années 80, lorsque la musique électronique traverse l’Atlantique. « Tout était interdit à Paris,
notamment parce que cette musique était liée à l’homosexualité et aux blacks », explique Sébastien Rideaud, directeur de la nouvelle école de DJ à Bordeaux. « Il fallait
bien trouver des villes pour jouer ! ». Dans la Belle endormie, les énergies qui fourmillent dans les souterrains créent un mouvement où la créativité se répand à la même vitesse
que la drogue. « L’espoir était très fort, il y a dix ans. Tout était à faire au niveau de la musique électronique », ajoute l’un des élèves les plus âgés de l’école de DJ. Les
volontés d’Alain Juppé lors de son passage au gouvernement, la reconstruction nécessaire de la ville, la fermeture des clubs à 4 heures : autant d’éléments vécus comme une « chasse
à la drogue » qui tuent peu à peu cette belle effervescence. Aujourd’hui, « le mouvement s’est dispersé, et ce sont les jeunes qui ont repris le flambeau ».
« On n’est plus dans la contre-culture comme ce fut le cas à l’époque », constate Sébastien. La drogue, elle aussi, a disparu. « Ce n'est pas une mauvaise
chose », pour le directeur de l'école de DJ. « Mais il faut bien reconnaître qu'on s’amuse moins ! ».
Des fuites dans le milieu ? Dans ce contexte de renaissance, une multitude de groupes et de DJ se font connaître en France et même au-delà.
Olivier Djokomoto, Kap Bambino, The Shoes, Strip Steve, United Fools, Noob, Charly Greane, Bobmo, Tom Deluxx… Les collectifs d'artistes sont également présents comme
Neurosystem ou Be Trash. Lorsque le succès les appelle, peu restent. Beaucoup d’artistes du cru ont ainsi signé avec des labels parisiens, allemands ou anglais. Mais certains sont restés
fidèles à leur ville grâce à des labels locaux dynamiques. La maison de disques bordelaise Boxon Records, créé en 2007, a par exemple produit Tom Deluxx, qui joue en première partie des stars
parisiennes de Justice. Dans le très spécialisé milieu de la musique électronique, qui fait et défait ses idoles plus vite encore que la scène rock, ce genre de réussites est un bon présage.
Succès du box-office, films récompensés aux Oscars et aux César, toutes dernières sorties… Plusieurs de ces films pourraient profiter de l’engouement des Français
pour cette fête du cinéma printanière et booster leur fréquentation.
Dimanche à Bordeaux, dans le plus grand UGC de province, le premier jour de Printemps du cinéma a rassemblé 40% de cinéphiles de plus qu’en
2009.
Il y a eu Titanic en 1997, Bienvenue chez les Ch’tis en 2008, Avatar cette année. Les grands films à succès sont toujours des ingrédients
des fêtes du cinéma. L’immense engouement autour du film de Dany Boon a, par exemple, rehaussé à lui seul la fréquentation globale du Printemps du cinéma. 2008 donc, record absolu pour la
manifestation : 3,5 millions de Français dans les salles obscures en trois jours. Avatar et l’enthousiasme suscité par le cinéma en 3D sont-ils capables de rééditer cet exploit ? Non, estime la fédération nationale des cinémas français (FNCF). « Si le film était
sorti récemment, pourquoi pas. Mais on en est à la quatorzième semaine d’exploitation. C’est un film fatigué », explique Stéphane Landefride, un responsable. « Après effectivement, Le
printemps du cinéma est l’occasion pour les films plus fragiles de rehausser leur fréquentation ». Les premiers chiffres de fréquentation nationaux, publiés dimanche soir, laissent en tout cas
espérer une affluence globale au moins équivalente à l’année dernière.
Après les dernières séances de dimanche soir, Avatar se classait 12ème, avec 6.000 entrées, « et gagne quand même 40 % par rapport à la veille ». Pas de quoi battre de nouveaux records en
tout cas. Au premier tiers de la manifestation, le tiercé gagnant qui semble se dessiner est le suivant : L’arnacoeur, La rafle et Shutter Island. L’espoir pour les outsiders ? « Quand
les séances des films les plus demandés sont complètes, les gens ont souvent un deuxième choix en tête. Et le prix réduit des places les incite à prendre plus de risques ! », analyse le
responsable de la FNCF.
«Eviter de perdre trop de spectateurs»
Quant à Un prophète, qui a triomphé aux César et Démineurs, grand vainqueur des Oscars, ils « n’ont pas profité » de leurs récompenses et ressorties
respectives, note M. Landefride. Le Printemps du cinéma se situe juste après la période de récompenses de l’industrie du cinéma ? « Un hasard du calendrier », assure-t-il. «
Vous savez, la fréquentation dans les salles, ça fonctionne un peu comme une pompe. C’est dur de la réamorcer, donc on organise trois manifestations (NDLR : en mars, juin, septembre) pour
éviter de perdre trop de spectateurs pendant les périodes creuses ». Par ailleurs, « on ne modifie pas la programmation spécialement pour l’événement », indique Pierre Bénard, le
directeur de l’UGC Ciné Cité Bordeaux. Aux distributeurs de jouer avec les trois opérations de promotion pour lancer au mieux leurs films. La FNCF gère quant à elle l’aspect promotionnel du
Printemps du cinéma. « Chaque cinéma ou groupe de cinémas paye une cotisation, comme tout syndicat, en fonction du nombre de salles qu’il possède », précise le directeur du cinéma
bordelais. Quant au spectateur, il ne débourse toujours qu’un tiers du prix du billet moyen – soit 3,50€ – pour assister à une séance durant l’événement.
Twilight, True Blood, Thirst… : les vampires qui sévissent actuellement sur les écrans n’en finissent plus de s’humaniser. Ou plutôt les humains
ressemblent de plus en plus à des vampires. C’est le constat sordide sur notre époque que dresse Daybreakers, satire politique à base de sang frais des frères Spierig. Dans l’œuvre
fondatrice du mythe vampirique, le roman Dracula de Bram Stoker (1897), le vampire brille par son absence. Le personnage du comte Dracula, qui deviendra plus tard l’une des plus
grandes stars du cinéma, n’est qu’un
« révélateur » du côté obscur des autres personnages du roman. On le devine derrière chaque paragraphe, description, allusion et pourtant, comme le détestable Sauron du Seigneur des
Anneaux, on ne peut qu’imaginer les interstices où il rôde.
Des humains etdu sang !
Daybreakers utilise l’exact inverse de ce procédé en imaginant la Terre, dans un futur proche, infestée de vampires à 95%. Alors que les réserves de sang – des
humains en batterie – s'assèchent, rares sont les vampires des hautes sphères à vouloir consommer du sang synthétique, et laisser les humains se repeupler. On s’aperçoit vite que les vampires ont en quelque sorte « pris la place » des humains dans ce film. Ils ne savent plus se battre, n’obéissent plus à leurs
instincts mais comme une masse d’individus influençables. Les humains, en résistance, endossent naturellement le rôle des rebelles désireux de bouleverser l’ordre établi.
Attentat aux vampires ? Dans cette coproduction américano-australienne, le système capitaliste et ses dérives fascisantes sont pointés du doigt. De manière un peu sommaire, certes. Mais
cette inversion des rôles est une idée très astucieuse (dont je ne révèle pas tout ici), qui renouvelle le genre. Il y a aussi Ethan Hawke et Willem Dafoe, sobres et convaincants ; l’humour
pince-sans-rire, les longs corridors glacés à la Bienvenue à Gattaca. Un bémol cependant : l’essoufflement assez spectaculaire du film à ses deux tiers. Y’a-t-il eu attentat de la
production sur Daybreakers au montage ?
Un film aussi attendu qu'Avatar ne pouvait pas échapper à une adaptation en jeu vidéo. Mais avant le film de James
Cameron, jamais les concepteurs de jeu n’avaient travaillé de manière aussi étroite avec l’industrie cinématographique. Ennemis historiques, ces deux industries phares du divertissement opèrent,
peu à peu, à un rapprochement stratégique.
Le jeu vidéo actuel pourrait se définir de la façon suivante : un équilibre délicat entre intrigue et expérience
participative du spectateur. La polyvalence de ce secteur de pointe du divertissement lui permet, année après année, de toucher un public de plus en plus large. Au point de générer, depuis 2004,
plus de revenus que l’industrie du cinéma. Les jeux vidéo et tous les écrans qui envahissent notre quotidien réduisent d’autant la marge de manœuvre du cinéma. Avatar, le nouveau et très attendu film de James Cameron sorti mi-décembre, devait mettre tout le monde d’accord : avec l’image en trois dimensions, le
cinéma vivrait sa révolution visuelle et évoluerait vers une nouvelle étape dans l’immersion du spectateur. Au point qu’on ne saurait plus très bien si l’on se situe dans le monde des consoles de
jeu ou dans une nouvelle forme de cinéma. Au salon monégasque informatique Imagina, la semaine dernière, cette convergence annoncée ou « effet Avatar » a beaucoup fait parler. Un
fabricant de bureaux d’étude et de design en 3D s’en explique à Usine nouvelle : « A voir la
mobilisation du monde du cinéma et des jeux vidéo, et des fabricants de produits, écrans et interfaces, associés à ces industries, la 3D en relief va arriver plus vite que nous le pensions dans
nos salons ».
« Unir ses forces avec les
meilleurs »
James Cameron, lui, s’est tourné vers le français Ubisoft afin d’offrir aux joueurs une expérience vidéoludique en adéquation avec son œuvre. Commencée en
2006, l'entreprise Avatar aura nécessité 3 ans de travail pour les 250 développeurs. Mission accomplie : le jeu s’est retrouvé dans les étalages
le jour même de la sortie du film. Pour s’atteler à l’adaptation du film de James Cameron, Ubisoft a ni plus ni moins acheté
le studio d’effets spéciaux cinématographiques responsable des films 300 et de Sin
City. Dans le livre consacré au film, le réalisateur de Titanic et de Terminator
explique que les équipes du film et celles d’Ubisoft avaient travaillé de manière si proche qu’elles avaient pu chacune exploiter des idées de l’autre. « Ubisoft ne voulait pas
simplement produire quelque chose d’attirant, il voulait une âme derrière le jeu vidéo », a déclaré James Cameron. « Le monde du jeu Avatar est, d’une certaine façon,
considérablement plus riche que ce que vous allez pouvoir voir dans le film » dit-il. Quand au cofondateur et PDG d’Ubisoft Yves Guillemot, il révèle sur son blog sa volonté « de développer des outils qui vont nous permettre de créer des jeux et des films en même temps ».
Après s’être fait la main sur des courts-métrages inspirés de leur jeu à succès Assassin’s Creed 2, Ubisoft entend travailler sur d’autres projets
avec des noms célèbres du cinéma, dont Peter Jackson et Steven Spielberg. « Nous sommes encore nouveaux dans la réalisation de films, donc pourquoi ne pas
unir nos forces avec les meilleurs des meilleurs pour permettre à nos idées de prendre vie ? ». Mais ce n’est pas tout : le géant français
du jeu vidéo a acquis les droits pour réaliser un jeu inspiré de la bande dessinée d’Hergé « Le secret de la Licorne », qui fera l’objet d’un film
réalisé par Steven Spielberg, dont la sortie est prévue en 2011.
Premier court-métrage inspiré d'Assassin's Creed 2 : quand La jeune fille à la perle rencontre Rambo !
2000 pages de
scénario
Pour le français David Cage, c’est sûr, le jeu vidéo flirte de plus en plus avec le cinéma. Son thriller Heavy Rain, 18 millions d’euros de budget,
est financé par Sony qui en orchestre une sortie mondiale d’ici la fin du mois. « C'est un scénario de deux mille pages et cent soixante douze heures
de tournage, soit l'équivalent de trois longs métrages », explique-t-il à Télérama. Ne vous méprenez pas. Heavy Rain est un… jeu vidéo, qui
espère révolutionner l’industrie par son approche très mature et cinématographique. « Même si on leur emprunte des codes narratifs et de mise en
scène, nous ne faisons ni du cinéma ni une série télé ! », nuance David Cage.
Autre jeu particulièrement attendu par les aficionados : le jeu massivement multijoueur Final Fantasy
XIII, annoncé comme disposant de l’un des univers les plus vastes jamais créés. Pas de version 3D à l’ordre du jour, mais lors de la sortie d’Avatar en décembre au Japon, deux bandes-annonces utilisant le même procédé que le film de James Cameron ont été projetées dans certaines salles de cinéma.
Pour Yoshinori Kitase et Motomu Toriyama, producteurs du jeu, «dans Avatar, l’univers est très proche de celui que nous avons créé pour les jeux
Final Fantasy ». Ces deux sommités du monde du jeu vidéo sont persuadées que « les industries du cinéma et du jeu vidéo travaillent en
réalité « ensemble », c'est-à-dire qu’elles évoluent dans le même sens, et qu’elles communiquent, pour peut-être que les technologies de l’une soient
également celles de l’autre ».
Investir à plusieurs
300 millions de dollars (budget promotionnel inclus) : Avatar n’est pas le film le plus cher de tous les
temps pour rien. Exemple : le système de « performance capture », qui consiste à filmer – sous tous les angles – acteurs et cascadeurs pour leur donner vie sous forme de personnages dans
l’univers. Ce type d’investissements lourds, cinéma et jeux vidéo ont tout intérêt à se les partager, dans cette période où l’industrie des disques et du DVD se battent pour leur
survie.
Pour son deuxième épisode, Rec, la figure de proue des films d’horreur en caméra embarquée reprend pile là où son
prédécesseur s’était arrêté. Entre clichés bêtifiants, rythme inégal et trouvailles mal employées, ce nouvel opus déçoit.
Si vous n’avez pas vu Rec 1, il est préférable de ne pas lire cette
note.
« J’espère que t’as tout filmé, putain (…) il faut garder une trace de
tout ça ». Dans Rec, c’est comme ça qu’on parle aux « témoins muets », les caméramans. On avait laissé Angéla, journaliste de télévision locale hystéro, en bien
mauvaise posture à la fin du premier épisode. Elle était venue filmer une banale intervention de pompiers dans un immeuble de la capitale espagnole. Puis une vieille se met à hurler et à mordre
des gens. Et voilà tout ce petit monde emmuré dans l'immeuble, plastifié et scellé par les forces de l’ordre, impuissantes face aux créatures démoniaques. A même le sol, avec un bout de son
caméraman à moitié dévoré dans le champ, la reportrice sexy disparait au fond de l’image, traînée par les pieds. Cette image retentissante, qui clôt le premier Rec et ouvre le second,
consacre l’élégante pirouette du film espagnol : faire d’un film de zombie une histoire de possession démoniaque.
Caméra et personnages sur les nerfs
Blair witch, Cloverfield, Paranormal Activity : la fiction est désormais le meilleur support du réel, la
meilleure marque de fabrique de l’horreur. Dans le premier Rec, la caméra nerveuse de Paco Plaza et Jaume Balagueró est la fois témoin, justification et moteur d’une lente et angoissante
progression vers le sanctuaire de la Bête. Les personnages, eux, sont tous plus égoïstes, nerveux et irresponsables les uns que les autres. En fond ? Une société violente, dépourvue de
croyances et basée sur des rapports d’autorité pervertis.
Des clichés et des friandises
Les clichés du cinéma d’horreur gagnent malheureusement du terrain dans ce second épisode. On voit défiler une collection
de personnages plats, braillards et similaires. Militaires en mission qui tremblent comme des jeunes filles et se séparent soigneusement pour mieux se faire buter, civils plus téméraires que le
Predator, etc. La multiplication des caméras et des points de vue, mis bout à bout par les réalisateurs, donne le tournis en faisant s’enliser l’histoire. Le tout donne l’impression d’un jeu
vidéo filmé, un écueil qu’avait assez brillamment évité le premier épisode. Reste quelques friandises horrifiques goût L’Exorciste, que l’on taira ici pour ne pas gâcher la seule raison
d’aller voir Rec 2.
En salles depuis le 23 décembre.
-Découvrez ci-après les 6 premières minutes du film, en v.o. sous-titrée :
Ca y est, on le sait, c'est le singe qui descend de l'homme, et pas l'inverse. Merci à Ardi le squelette pour l'info. Mais un mystère reste insoluble. Qui va
réussir à descendre de Serge Gainsbourg ? Le provocateur Zed Van Traumat apporte une réponse intéressante.
« Nous sommes tous des nains juchés sur des épaules de géants », la formule est belle, elle est de
Pascal, mais quand elle concerne la chanson française, cela ressemble surtout à une forme de mansuétude un peu craintive envers Brassens, Gainsbourg, Ferré et Co. Le charentais-maritime Zed Von
Traumat, lui, zigzague avec bonheur dans les sentiers battus de la chanson française. Pas évident pour un protégé de Francis Cabrel et lauréat du prix SACEM. Bien inspiré, il enchaîne les
premières parties : Katerine, Emily Loizeau, Claire Diterzi, Jacques Higelin, Berry, Thomas Fersen…
Chez « Zed », la voix est sensuelle et possédée ; les respirations entre les couplets, rauques. Ses rimes sont
très écrites, de vrais lassos pour happer l’auditoire. Sur scène, il gigote, fait des moulinets avec ses mains, mime ce qu’il raconte. Souffle le cynisme sur l’art et les femmes « comme d’autres chantent je t’aime ».Sous l'étiquette Gainsbourg, de la bluette au be-bop, il tord le coup aux mots. Et dans la production actuelle, c'est suffisamment
rare pour être signalé.
1 album, "BELGE ANDALOU", re-sortie nationale en mars 2010.
POUR ALLER PLUS LOIN :
Lors d'un concert, Zed Van Traumat fait un sort à "Je chante" de Charles Trenet.
« La fable est comme une énigme qui serait toujours accompagnée de sa solution », disait Hegel. Dans Les
contes de l'âge d'or, on la cherche toujours. Ce film roumain, livre d'images pas si jaunies sur la roumanie communiste de Ceausescu, pêche surtout par son absence de symboles - un comble
dans une fable - mais également par ses choix esthétiques et scénaristiques frileux.Le long-métrage, qui
regroupe quatre mini-histoires signées par la jeune garde du cinéma roumain, est porté à bout de bras par le réalisateur Christian Mingiu. Alors, de quoi ça parle ? Des fables d’un âge disparu,
celui de l'apogée du communisme en Roumanie.Ici l’histoire d’un photographe qui retouche les clichés pour
le régime, là l’effervescence d’un petit village qui s’apprête, en catastrophe, à recevoir la visite du président. Les légendes urbaines que se racontaient les Roumains dans les files de rationnement forment ici les historiettes d'un bonheur d'apparat.
Il en résulte une vision certes originale et subjective de la fin du communisme dans ce pays, mais on se demande toujours
quel est le point commun entre les histoires et/ou les thématiques développées dans les quatre courts-métrages. Pire : la confrontation des histoires avec la réalité de l'époque n'a jamais lieu.
Ce qui se comprend aisément au départ comme un choix scénaristique, celui d'un bonheur simulé qui s'évaporerait en un instant, tourne ici à la frustration. Décevant.
1999. Deux univers artistiques aux services d'une vision du monde. Todd Mc Farlane, le
premier self made-man de l'histoire des dessinateurs de comics a quasiment arrêté de dessiner et Pearl Jam, le groupe de rock alternatif et autodictate, n'a plus proposé de clip pour ses
chansons depuis 9 ans. Un duo d'enfer pour un plaidoyer très pessimiste contre la nature humaine... dans ce quelle a
de plus exécrable.
« Perpétuez l’évolution ». Non, ce n’est pas un extrait des tables de la loi ou
une parabole de la Bible. C’est un pamphlet moderne griffé par deux fauteurs de trouble : le groupe de rock américain Pearl Jamet le sulfureux dessinateur Todd McFarlane (auteur du célèbre super héros occulteSpawn). Force est de constater que ce décapant film d’animation et ces paroles qui hurlent (voir
ci-dessous) sont toujours d’une actualité brûlante. « Cette chanson s’adresse à tous ceux qui sont ivres de technologie, qui pensent qu’ils sont la forme de vie dominante
de cette planète. Voici une chanson que je ne chante pas en étant moi-même ! », déclarait voilà près de dix ans Eddie Vedder, chanteur de Pearl Jam, au Philadelphia
Inquirer.
« Do the evolution », issue du cinquième album studio du groupe Yield
(1998) a réussi l’exploit de se classer dans les charts américains et canadiens alors qu’elle n’est jamais sortie en single. Elle est en outre la chanson préférée d’Eddie Vedder sur cet
album, « parce qu’elle porte en elle la philosophie dont est issue ce disque ». Derrière cette bouffée d’inspiration anti-guerres, religions, génocides, racisme,
misogynie, technologies… se cache un roman qui a inspiré les mouvements « d’anarchisme vert » : Ishmael (1992), de l’écrivain, éco-philosophe et futurologue
américain Daniel Quinn. L’objectif du roman ? Interroger, plus d’un siècle après Jean-Jacques Rousseau, les relations de l’homme avec sa nature animale et les collusions entre
nature et culture.
Reste le trait léché de McFarlane, le dessinateur qui a acquis sa notoriété en ressuscitant
Spiderman. La sophistication des détails, les rictus inquiétants, les images cycliques de mort et de flammes font fort dans l'agression visuelle, et servent vraiment le
propos de cette chanson singulière.
PAROLES et TRADUCTION
Do The Evolution Perdurez L'Evolution Woo WooHou !Hou ! I'm ahead, I'm a manJe suis devant, je suis un homme Oh ! I'm the first mammal to wear pants, yeahOh ! Je suis le premier mammifère à porter des pantalons,
ouais I'm at peace with my lustJe suis en paix avec ma convoitise I can kill 'cause in God I trust, yeahJe peux tuer car en Dieu je crois, ouais It's evolution, maybe ?C'est de l'évolution, peut-être ? I'm a beast, I'm the manJe suis une bête, je suis l'homme Buying stocks on the day of the crash, yeahEn train d'acheter des actions le jour du crash,
ouais On the loose, I'm a truckEn liberté, je suis un poids-lourd All the rolling hills, I'll flatten 'em out, yeahToutes les collines ondulées, je les aplatirai,
ouais It's herd behavior, uh huhOn se comporte en troupeau, ouh heuh It's evolution, maybe ?C'est de l'évolution, peut-être ? Admire me, admire my homeAdmire-moi, admire ma maison Admire my son, here's my coatAdmire mon fils, voici mon clone Yeah [x4] Ouais [x4] This land is mine, this land is freeCette terre est à moi, cette terre est gratuite I'll do what I want but irresponsiblyJe ferai ce que je veux, mais irresponsablement It's evolution, maybe ?C'est de l'évolution, peut-être ? I'm a thief, I'm a liarJe suis un voleur, je suis un menteur There's my church, I sing in the choir :Voici mon église, je chante dans la chorale : ... Hallelujah... [x2] ... Alléluia... [x2] Admire me, admire my homeAdmire moi, admire ma maison Admire my son, admire my clothesAdmire mon fils, admire mes vêtements 'Cause we know, appetite for a nightly feastParce qu'en fait, j'ai de l'appétit pour faire des banquets
chaque nuit Those ignorant Indians got nothin' on meCes imbéciles d'Indiens ne peuvent rien contre moi Nothin', why ?Rien, pourquoi ? Because, it's evolution, baby !Parce que, c'est de l'évolution, bébé ! I am ahead, I am advancedJe suis devant, je suis en avance I am the first mammal to make plans, yeahJe suis le premier mammifère à élaborer des complots,
ouais I crawled the earth, but now I'm higherJ'ai rampé sur la terre, mais maintenant je suis plus
haut Twenty-ten, watch it go to fireEn 2010, regardes-la partir en fumée It's evolution, maybe ? [x2] C'est de l'évolution, peut-être ? [x2] Do the evolution !Perdurez l'évolution ! Come on [x3] Allez [x3]
Dans le microcosme de la série américaine, les déviants s'installent régulièrement en figure de proue des séries. Après les
serial-killers (Dexter), les accros au sexe (How I Met Your Mother) ou au cannabis (Weeds, Breaking Bad), United States Of Tara met à l'honneur une mère de famille
schizophrène.
La mère d’aujourd’hui, souvent à l’image, est consacrée figure tutélaire de la cellule familiale. Le ciment sur lequel reposent les lourdes fondations de
familles éclatées, « nucléaires » comme le dit poliment l’expression à la mode. La série United States Of Tara, dramedy (comédie et drame à la fois) diffusé
prochainement dans nos contrées, se veut le miroir de ces réflexions. Qui sont fréquentes chez les auteurs américains. Aux manettes : Diablo Cody, scénariste de Juno, bloggeuse à
succès et ancienne stripteaseuse. A la production, c’est encore plus ronflant : Steven Spielberg.
Mais si l’on arrive à croire à cette histoire de mère souffrant de graves troubles dissociatifs de l’identité, et qui doit gérer au mieux son couple et ses deux
enfants ados, c’est avant tout l’œuvre de l’actrice Toni Collette. La mésestimée comédienne de Little Miss Sunshine est tantôt Buck, un redneck violent, peloteur et grossier, T., une ado
délurée et insolente, ou encore Alice, une femme au foyer façon années 50, très Desperate Housewives. Au fil des épisodes, Tara Gregor donc, mère de famille très au fait de sa maladie,
décide d’arrêter le lourd traitement médical qui la prévenait d’imprévisibles prises de contrôle de ses doubles. Pourquoi ? C’est à ce prix qu’elle retrouvera sa créativité et sa libido. La
liberté, quel fantasme…
Chez les Gregor, seule l’apparition des personnalités dissidentes de Tara semble dérégler une vie familiale pourtant riche en frasques. Le synopsis, lui, part dans
une direction totalement différente à celle du film Mes doubles, ma femme et moi (1996), où une brochette de
Michel Keaton pestait contre le métro boulot dodo. Dans Tara, l’extraordinaire est une normalité. Manière d’aborder avec détachement une gamme très étendue de thèmes vu sous l’angle
familial : amour, amitié, rivalités, homosexualité, dépendances et complexes en tout genre.
Tara est de ces séries qu’on suit dans un demi-sourire, avec une attention croissante, en espérant qu’elle va s’améliorer en cours de route. Renversez le
problème, et vous obtenez les désormais navrants Heroesou Prison Break.
L’intérêt de cette première saison réside dans l’observation, puis la cohabitation de Tara avec ses doubles. Ces tigres de papier interchangeables expriment deux
choses : ce sont autant des caricatures de l’antagonisme de la cellule familiale, ballotée ici et là au contact du monde réel ; qu’une interrogation sur la construction de la
personnalité de chacun au sein d’une famille d’aujourd’hui.
Sur l’audacieuse chaîne Showtime, United States Of Tara est champion de l’audience pour sa première saison, loin devant les scores réalisés par les débuts
de Weeds ou Dexter. D’où l’empressement de la chaîne câblée à reconduire le show pour une deuxième livraison, annoncée pour début 2010.